Covid oblige, il a fallu trouver une salle assez grande pour accueillir l'entièreté des députés dans le respect des distances sanitaires obligatoires. La Chambre ne le permettant pas, c'est dans l'hémicycle du Parlement européen que M. De Croo a prononcé sa déclaration gouvernementale. Il y a détaillé la programme de politique générale sur lequel se sont mis d'accord les sept partis qui composent ce nouvel exécutif. 

Après la prestation de serment des nouveaux députés, Alexander De Croo a pris la parole. "Alors que notre pays traverse la plus grande crise en tant de paix, notre nouveau gouvernement entre en fonction, a-t-il commencé. Les dommages occasionnés par ce virus ne sont pas uniquement d'ordre médical, notre société est sous pression. Dans l'histoire de notre pays, jamais autant de personnes ont perdu leur emploi en même temps. La menace d'une nouvelle vague de contaminations et l'incertitude qui plane autour du vaccin, laisse craindre de nouveaux problèmes. (...) Notre pays, nos entreprises,... ne peuvent pas se permettre de nouveaux confinements généralisés. Nous ne pouvons vaincre le coronavirus que si nous respectons tous un nombre de règles très simples." M. De Croo a ainsi rappelé les six règles d'or dans la lutte contre le Covid-19.



Il a précisé que le souci des autres occupait une place majeure dans l'accord gouvernemental. "Nous investirons davantage dans les soins de santé, a-t-il détaillé. Nous ferons en sorte qu'il y ait davantage de personnel au chevet des patients." Concernant les pensions, le Premier ministre a estimé que chacun devait pouvoir bénéficier d'une pension "digne".

Le Premier ministre a souligné que c'était la première fois dans l'histoire de notre pays que la parité hommes-femmes était respectée. "C'est le siècle de la femme", a lancé M. De Croo face aux députés.

"L'accord de gouvernement le plus ambitieux de l'histoire de la Belgique"

Il est ensuite passé au volet fiscalité. "Nous préparons une vaste réforme fiscale, a expliqué De Croo. Nous allégerons la fiscalité sur les ménages, une forme de taxation numérique doit également voir le jour. La lutte contre la fraude fiscale et sociale doit également se poursuivre sans relâche."

Le gouvernement entend investir dans une nouvelle croissance, dans des secteurs d'avenir. "Cet accord de gouvernement est le plus ambitieux de l'histoire de notre pays", s'est félicité Alexander De Croo. "Nous ne pouvons absolument pas tuer ce début de relance, c'est la raison pour laquelle nous allons mener une politique budgétaire dynamique. Ce gouvernement entend pleinement améliorer la trajectoire budgétaire. Ce gouvernement va tout mettre en oeuvre pour triompher de cette crise, quelles que soient les mesures qui devront être entreprises."


Restaurer la confiance envers le politique

Pour le Premier ministre, outre le plan de relance, la Belgique a besoin d'un plan de confiance. "Non seulement au niveau économique, mais également au niveau politique. La critique est aisée, mais cela ne nous mène à rien. Ces dernières années, nous avons vu à quoi pouvait mener la dureté des propos. A quoi ça a mené ? A encore plus d'incompréhension, à des formations qui prennent de plus en plus de temps. La méfiance menace d'hypothéquer ce que nous avons tous construit ensemble. Pour faire avancer notre pays, le maître-mot est la confiance. C'est pourquoi nous nous engageons dans une nouvelle voie politique, en diminuant l'âge légal pour voter aux élections européennes, en mettant au point de nouvelles instances,..."



Une nouvelle réforme de l'Etat sera étudiée pour une mise en place en 2024.

En matière de justice, le Premier ministre s'est engagé à une numérisation totale, la rendant plus effective. Il a également insisté sur le fait qu'il était nécessaire de faire respecter les peines.

Le gouvernement Vivaldi mènera une politique "européenne", a expliqué M. De Croo.


"L'avenir se construit par l'application patiente de la méthode démocratique"

Le Premier ministre a terminé par une citation: "L'avenir ne se construit pas par l'usage de la force, mais par l'application patiente de la méthode démocratique et par le respect de la liberté. C'est dans cet esprit que j'entends demander la confiance de la Chambre, parce que l'accord de gouvernement se base avant tout sur la confiance", a conclu le libéral flamand.

Les députés devront se prononcer seulement 48 heures après la déclaration gouvernementale. Ils ne pourront donc passer au vote avant ce samedi 3 septembre à 14 heures.