Alexandra Jaspar, l'une des directrices de l'Autorité de protection des données en Belgique (APD) était invitée sur le plateau de La Première ce lundi matin. Celle-ci a voulu alerter sur la situation en Belgique. Alors que la Ligue des droits Humains a décidé d'attaquer l'Etat belge ce lundi matin concernant la légalité de plusieurs arrêtés ministériels, c'est ici la gestion de nos données durant cette crise qui est remise en cause.

"Je suis inquiète et cela fait plusieurs mois que je le suis", a-t-elle déclaré. "Il est tout à fait normal que l'Etat récolte certaines de nos données mais ce qui nous inquiète, c'est que l'Etat est en train de collecter une quantité impressionnante de données qu'il stocke et il ne balise pas du tout les possibilités d'utilisation et de réutilisation futures de ces données".

Une situation qui peut donner lieu à des dérives selon Alexandra Jaspar. "Une fois que ces bases de données sont là, si on ne nous dit pas précisément ce qui peut en être fait, on ouvre la porte à toute une série de possibles réutilisations", souligne-t-elle.

Un problème d'impartialité

Selon Alexandra Jaspar, le rôle de l'Autorité de protection des données n'est pas assez pris en compte dans cette crise. "Notre rôle est d'intervenir dans les textes de loi, les contrôler et donner notre avis", explique-t-elle. Or, selon elle, depuis le début de la crise cet organe n'a pas toujours été consulté et, quand il l'était, son avis n'a généralement pas été suivi.

Cette responsable pointe également un problème d'impartialité au sein de l'Autorité de protection des données. "Comment peut-on contrôler l'Etat si en notre sein, des gens travaillent pour lui", s'interroge-t-elle. En effet, quatre des six personnes présentes dans l'organe chargé de rendre un avis sur les projets de loi travaillent pour le gouvernement, explique-t-elle.

Alexandra Jaspar précise cependant qu'elle n'est en rien défavorable à la vaccination, au contraire, mais elle plaide pour des balises précisément fixées et des organes indépendants.