Anne Delvaux déplore les "invectives et les petites phrases assassines" de Didier Reynders

Belgique

Gianni Ruggieri

Publié le - Mis à jour le

Anne Delvaux déplore les "invectives et les petites phrases assassines" de Didier Reynders
© Christophe Bortels

Anne Delvaux, députée européenne CDH, était l’invitée politique du 7.40 de www.twizzradio.be ce jeudi matin


BRUXELLES Avant tout, Anne Delvaux a réagi aux propos tenus par Didier Reynders, vice premier MR, dans La Libre Belgique de ce jour. « On reconnait bien les invectives et les petites phrases assassines de Didier Reynders qui quelque part, n’apporte strictement rien de constructif au débat, parce que je n’ai pas entendu une once de solution concrète d’avenir apportée par le MR sur la table. Donc laissons le croire que seul le MR a de l'ambition pour la Wallonie et pour le pays ! », lui a répondu la députée européenne.


Autre point : la crise économique en zone euro. Le fonctionnement de l’Europe surprend. Des citoyens estiment que l’Europe coûte trop cher aux Etats. Alors sans être poujadiste ou populiste, faut-il serrer la ceinture du budget européen ? « D’abord, il faut préciser que nous ne parlons pas uniquement des frais de fonctionnement pour lequel par exemple on pourrait exiger des économies en supprimant la transhumance mensuelle vers Strasbourg" répond d'emblée la députée européenne.


Elle poursuit : "On parle bien ici du budget global de l’union européenne et ce budget-là, c’est celui qui permet d’investir dans des programmes de recherche, dans des réseaux de transports européens, dans des programmes de cohésion. Ce n’est pas de l’argent qui va dans la poche des fonctionnaires. Il est important de le préciser. Et donc il est clair que toute diminution nette du budget européen aurait des conséquences sur les citoyens européens, puisqu’environ 90% du budget est directement reversé aux Etats, sous forme de soutien aux infrastructures, à l’innovation. Il faut se rendre compte que si des crédits européens sont supprimés il ne seront pas remplacés par des programmes nationaux, donc ce sera une perte nette ! »


C’est la raison pour laquelle le commissaire (européen) du budget parlait de schizophrénie. Les Etats coupent dans les secteurs qu’ils ont présentés comme prioritaires pour la croissance et l’emploi en Europe ? Anne Delvaux acquiesce. Elle cite un exemple : « Chaque milliard qui est retiré par exemple au programme Horizon 2020 qui est un programme qui soutient la recherche, le développement, l’innovation, ça veut dire 4.000 PME privées de financement pour des initiatives innovantes qui sont créatrices d’emploi et de croissance ! A un moment où on accuse l’Europe de ne faire que de l’austérité que l’on veut justement réunir avec de la croissance, ce serait catastrophique de réduire les budgets européens ! »


Demeure une ultime question : comment sortir de la crise économique ? « Là, je crois que la seule solution que l’on a devant nous c’est, d’abord, de cesser cette mascarade » répond Anne Delvaux et conclut : « Parce que les pays sont en train de discuter des marges budgétaires. Il faut savoir que le budget européen représente seulement 1% du PIB européen ! Je crois qu’il faut une autre manière de concevoir les financements du budget européen. Je crois qu’il faut investir sur les ressources propres. Il ne faut plus que l’on cède sur le financement national d’un budget européen… Par exemple un impôt européen qui serait la taxe "transactions financières". Je crois qu’à partir du moment où on confie de plus en plus de compétences à l’union européenne, on ne peut pas la restreindre à avoir un budget aussi minimal, on doit lui donner la possibilité d’agir en fonction de ses compétences, et là il faut passer à autre chose, c’est clair que là nous sommes devant un mur ! »


© La Dernière Heure 2012

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