Le refrain est désormais connu de tous et répété à qui veut l’entendre : on ne vivra pas des fêtes de fin d’année normale en 2020. Impossible de dire pour l’heure quel sera le plan proposé par les autorités, et même si on sera sorti du confinement en place pour le moment. Et s’il y a bien un secteur qui attend des perspectives, c’est celui de l’Horeca.

Ce dimanche sur le plateau de l’émission “C’est pas tous les jours dimanche”, le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) s’est voulu pessimiste. “Je ne vois pas, personnellement, les restaurants rouvrir en 2020, et je le regrette, a-t-il déclaré. Je pense qu’il faut attendre qu’on soit débarrassés du virus, ou en tout cas que les chiffres aient fortement diminué, pour préserver notre système de soins de santé. Les plus grands taux de contamination se font dans ces espaces fermés, où on est à distance, mais sans masque puisque l’on doit manger.

Sur le même plateau, Fabian Hermans, administrateur de la fédération de l’Horeca à Bruxelles a lui aussi évoqué le sujet. “Pour nous, c’est simple, la réouverture doit se faire dans une perspective à long terme. Si on rouvre le 24 décembre, mais que c’est pour fermer le 15 janvier, ça n’a pas d’utilité.

Un avis partagé par Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie. “Tout le monde se pose la question et je pense qu’il est impossible d’y répondre pour le moment, entame-t-il. Le point crucial, c’est la situation dans les hôpitaux. Si la santé va, l’Horeca va, si on peut le résumer comme cela. Il faut attendre de revoir des chiffres sous contrôle et ne pas se montrer top optimiste. Pour le moment, il vaut même mieux être pessimiste et penser à une réouverture en 2021.

Mais peu importe quand cette réouverture aura lieu, le secteur réclame des perspectives à long terme. “On n’a pas envie de revivre une troisième vague et je suis d’accord avec Fabian Hermans quand il dit que cela serait pire que bien d’ouvrir pour trois semaines ou un mois avant de refermer, indique-t-il. Relancer la machine, cela coûte cher et cela prend du temps. Si on parle par exemple d’une réouverture vers le 15 décembre, il nous faut un signal clair d’ici la fin du mois. Il y a en effet beaucoup de choses à prendre en compte : les prix des marchandises qui risquent de flamber, savoir si les clients auront envie de revenir au restaurant, si un couvre-feu sera toujours en vigueur, combien de couverts seront autorisés, etc.

Et puis, la réalité n’est pas la même pour l’ensemble du secteur. “Tous les restaurants ne font pas un carton durant les fêtes, il ne faut pas l’oublier. Ce n’est pas pareil d’avoir un établissement dans un zoning qui profite des repas d’affaires ou d’être dans un centre-ville. L’annulation des marchés de Noël aura aussi une incidence sur la fréquentation, poursuit-il. Ce qu’il faut surtout, ce sont des mesures structurelles pour l’ensemble du secteur. Des mesures pour l’ensemble de 2021, et même 2022 pour nous aider. Il faut aussi des mesures plus précises selon la réalité d’un restaurant ou d’un bar. On a déjà fait un plusieurs pas en avant mais il y a encore des choses à revoir et à corriger.

Et le restaurateur de terminer par une note plus positive. “Peut-être que cela sera la première fois que certains professionnels pourront fêter Noël en famille…