Invité dans le journal de 13 Heures à la RTBF, le vice-président du Sénat est revenu sur l’affaire des Tueries du Brabant et a commenté l’interview choc à paraître ce vendredi dans Paris Match

BRUXELLES "Il est temps que les Belges connaissent la vérité sur les Tueurs du Brabant. Christian De Valkeneer (l’ex-procureur du Roi de Charleroi) doit faire des excuses à Danièle Zucker, la profileuse engagée pour tenter de démasquer les tueurs, dont le travail a été qualifié "d’escroquerie intellectuelle". Or, il y a des pistes à suivre dans son rapport ".

Comme à la RTBF, ce midi, où il était l’invité de Véronique Barbier, Armand De Decker n’y va pas par quatre chemins dans l’interview à paraître demain dans Paris Match.

"Cette polémique est lamentable et indigne du pouvoir judiciaire. Le profiling est aujourd’hui, lorsqu’il est pratiqué par des scientifiques, une technique de recherche criminelle appréciée par tous les services policiers de haut niveau. Il est regrettable qu’un magistrat de premier plan de notre pays semble l'ignorer et conteste ce rapport alors même que, de son propre aveu, il ne l'avait pas lu initialement. Le professionnalisme de Madame Zucker est reconnu internationalement, je pense dès lors que Monsieur De Valkeneer devrait lui présenter ses excuses. "

Et le ministre d’Etat de tirer à boulets rouges sur notre justice : "La justice belge a commencé à déraper à partir de cette affaire. Beaucoup de magistrats ont eu peur. Je crois aussi qu’elle a été le révélateur du caractère obsolète de notre procédure pénale qui, rappelons-le, remonte à Napoléon. Je suis avocat depuis 1973. A ce titre, j’ai beaucoup d’amis, eux-mêmes avocats et magistrats, qui partagent le point de vue selon lequel il est plus que temps d’investir massivement dans l’appareil judiciaire. En simplifiant les procédures, en augmentant de 5 % le budget de la justice, en réaffirmant franchement le respect des principes juridiques de base, en modernisant et en facilitant les relations entre la police et la justice. Aujourd’hui, les policiers travaillent dur pour maintenir la paix civile et les magistrats, eux, se voient contraints de classer sans suite plus de 60 % de leurs dossiers, simplement parce qu’il n’y a plus assez de places dans des prisons dont beaucoup sont indignes d’un pays européen qui se prétend respectueux des droits de l’homme."

© La Dernière Heure 2012