Environ 150 personnes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ouest, ont installé jeudi un "campement de la régularisation", dans le petit espace vert situé porte de Ninove. La bourgmestre de Molenbeek a donné son accord pour la nuit. Elles viennent de l'occupation de l'ancien immeuble de la KBC, avenue du port à Bruxelles, dont la convention d'occupation précaire expirait à la fin mars.

Le secrétaire d'État a à nouveau rappelé le principe de la régularisation de séjour en Belgique, qui demeure une procédure exceptionnelle et individuelle. Il s'est dit attristé par la comparaison qu'ont faite les occupants de ce campement avec la situation des réfugiés ukrainiens, qui bénéficient d'une protection temporaire accordée dans un cadre européen. "L'Ukraine n'est pas une excuse pour une régularisation collective", a-t-il souligné.

Des étrangers en séjour irrégulier avaient mené l'été dernier une grève de la faim pour obtenir leur régularisation à l'église du Béguinage et sur les campus de l'ULB et de la VUB à Bruxelles. Actuellement, 397 dossiers sur 446 ont fait l'objet d'une décision. L'issue du dossier est communiquée après un contrôle de résidence, ce qui a déjà été fait pour 218 décisions concernant 251 personnes. Les chiffres communiqués sont partiels. Dans 44 cas, la réponse est positive et dans 191 cas, elle est négative. Plus de 90% des grévistes de la faim étaient originaires du Maroc, de Tunisie ou d'Algérie.

La bourgmestre de Molenbeek refuse d'obtempérer

En réaction à la demande du secrétaire d'État, la bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean Catherine Moureaux (PS) a rappelé vendredi après-midi qu'il s'agissait d'une prérogative communale qui relève de son appréciation propre. "Depuis qu'il y a un secrétariat d'État à l'Asile et à la Migration, je constate que les représentants politiques qui occupent ce poste ne peuvent pas s'empêcher d'opposer les malheurs des uns aux malheurs des autres, ce qui est tout à fait dommageable pour la cohésion sociale", a déploré la bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean. "Je comprends que son travail soit difficile aujourd'hui. Le mien est d'assurer la sécurité et la paix sur le territoire de Molenbeek-Saint-Jean. C'est mon travail, je le fais et je n'ai pas besoin que quelqu'un d'autre me dicte ce que je dois faire. Ce campement est aujourd'hui toléré pour quelques jours". La bourgmestre rappelle ainsi que l'évaluation de telle situation, qui a trait à l'ordre public, est du ressort des communes, qui fondent leurs jugements sur base des analyses fournies par les services de police locaux.