Belgique Il a exigé qu’on ferme le train dans lequel le terroriste aurait voulu se rendre.

La voix tremblante, Mohamed Charfih, Anderlechtois surnommé Momo, ne se remet toujours pas de ce qu’il a vécu mardi soir gare Centrale.

Il est environ 20 h 40 lorsque le train à bord duquel se trouve Momo, en provenance de Schaerbeek, direction Denderleeuw, s’arrête quai 4.

"J’entendais des gens hurler ‘au secours’ sur le quai. Les portes du train s’ouvrent et là, un homme nous demande de fermer les portes. Mais personne n’intervient et ces portes restent ouvertes. Je cherche alors le contrôleur mais je vois qu’il se trouve en cabine avec le conducteur. Pour moi, clairement, ils tentaient de se cacher. J’ai alors hurlé de fermer ces portes immédiatement ! J’ai demandé à ce qu’on avance au plus vite et à ce que tout le monde se couche au sol", assure Mohamed Charfih, ajoutant avoir ainsi peut-être sauvé une soixantaine de voyageurs.

Auditionné mardi soir par la police, une fois descendu gare du Midi, Mohamed est retourné au commissariat ce mercredi afin d’en dire davantage sur ce qu’il avait vécu au cours de cette soirée où la Belgique a replongé dans l’angoisse.

"J’ai vraiment été interpellé de constater que tant le conducteur du train que le contrôleur ne semblaient vraiment pas avoir été formés à ce genre d’événements. J’en ai fait part à la police qui dispose des images de l’arrivée du train en gare", poursuit Mohamed, persuadé que si le train n’était pas parti si vite, le terroriste serait monté à bord.

Des propos cohérents avec les constats réalisés sur place par la police, à l’aide notamment des images des caméras de surveillance.

On voit en effet le terroriste, une fois son dispositif explosé, se diriger vers les quais 3 et 4, avant de changer d’avis et de remonter. Peut-être à la vue des portes déjà fermées du train. Impossible à déterminer.

Toujours est-il que Momo, lui, est fier d’avoir eu les bons réflexes.

"J’en suis très fier parce que je suis musulman. Et les gens étaient soulagés de me voir réagir ainsi. Lorsque je leur ai demandé de tous se coucher, ils ont directement suivi. Ils m’ont fait confiance. Si le terroriste était parvenu à monter dans le train, je pense que je n’aurais pas hésité à risquer ma vie face à lui. Je suis musulman et je refuse qu’on associe ces gens qui veulent tuer à ma religion qui prône la paix et la tolérance", conclut notre Anderlechtois de 42 ans.