Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et Nathalie Vancrayenest coach scolaire et parental reviennent sur les événements de ce matin et la sidération qu'ils engendrent. Voici leurs conseils.


"Oui, ça fait peur. Mais s’y embourber ne changera rien", avance Julie Arcoulin. "Si ce n’est avoir des effets sur votre santé, vos proches et vos enfants. Acceptez de ressentir de la peur, elle est normale, mais ne soyez pas tétanisé. Alors voici quelques pistes pour garder son calme".


Soyez en contact avec vos proches

Cela va vous rassurer. Dans ces moments-là, rien de tel qu’être en contact avec ses proches. Par téléphone, mail, sms ou autre. Et si vous êtes à proximité, pourquoi ne pas vous retrouver pour passer un moment ensemble ?


Que dire aux enfants ?

Si votre enfant s’inquiète et pose des questions, il ne faut pas nier ce qu’il se passe. Leur cacher la vérité ne servira à rien, la tension ambiante est palpable. Mentir ne sert pas, votre enfant sent bien qu’il y a quelque chose. Si vous niez ou mentez, il risquerait de ne plus vous faire confiance pour un certain temps. Il faut mettre des mots sur les maux pour que vos enfants comprennent que ce qu’il se passe n’est pas normal. Il faudra apprendre à vivre dans ce climat, comme dans les pays qui connaissent déjà cela. Si vous avez peur vous-même, expliquez pourquoi vous avez peur. Avec des mots accessibles et sans tomber dans la transmission de l’angoisse. S’ils voient des images à la télé, attirez leur attention sur les équipes de police, l’armée, les secours qui sont là pour protéger les citoyens et qui font leur métier.

>> Lors d'une précédente interview, le psychiatre Serge Tisseron rappelait que "manger devant la télé n'est pas du tout conseillé, cela stresse les petits et cela empêche de parler de ce que l'on peut voir. Si les enfants ont moins de huit ans, il faut regarder les infos sans eux, en leur disant que ce n'est pas vraiment pour eux et qu'on leur en parlera après. Après huit ans, demandez-leur s'ils ont envie de regarder ces images et concentrez cette fenêtre sur 30 minutes, avant le repas du soir. Et parlez-en ensuite."


Informez-vous, mais pas en boucle

La surinformation ne va pas vous aider ! Il ne s’agit pas de faire l’autruche. Soyez attentif aux infos, mais pas en overdose. Le surplus ne fera qu’alimenter l’angoisse. Il est important de mettre ses idées ailleurs. Sur des choses moins anxiogènes. Faites aussi le tri ! On sait que dans ces cas-là les médias balancent des infos sans forcément les avoir vérifiées. Gardez la distance nécessaire pour ne pas prendre tout au pied de la lettre.

>> Le psychiatre Serge Tisseron ne disait pas autre chose : "C'est la logique des télévisions d'infos continue qui sont des producteurs de stress. C'est une vraie machine à stresser ! La logique d'audience est à prendre en compte dans la couverture de ces événements." Retrouvez son interview sur le sujet ici.


Pensez à respirer

Si la panique approche, prenez le temps de respirer profondément. Mettez une main sur votre ventre et gonflez-le en inspirant, rentrez-le en expirant. Cela vous permettra de lâcher un peu de pression.


Ne pensez pas au pire

Ca non plus, ça ne sert à rien. N’envisagez pas les pires des scénarios. Un jour après l’autre.



Julie ArcoulinNathalie Vancraeynest