Belgique

Le réveil a été douloureux pour les milliers de personnes qui travaillent à l’aéroport de Bruxelles-National. 

Les plaies physiques ou psychologiques restent tenaces. En tout, une dizaine d’employés directs ou indirects ont été blessés par les attentats de ce mardi. Au moins deux d’entre eux sont dans un état grave. D’après certains témoignages, il semblerait que l’un des kamikazes se soit précipité vers un policier avant de se faire exploser.

Hier soir, l’ensemble du personnel de l’aéroport s’est réuni pour une veillée aux alentours du bâtiment. "Les employés ont eu très peur, certains sont traumatisés et reçoivent une aide psychologique, fait savoir une source syndicale. Deux d’entre eux ont déclaré ne plus vouloir travailler à l’aéroport." Ces employés se trouvent pour l’instant en chômage technique puisque l’aéroport n’est toujours pas rouvert. La direction n’ayant pas pu intégrer le bâtiment pour constater les dégâts, il semble d’ailleurs de plus en plus improbable d’envisager une ouverture de Brussels Airport cette semaine (lire aussi ci-contre). En tout, plus de 50 000 personnes travaillent directement ou indirectement pour l’aéroport, selon la Banque nationale.

Mais après l’émotion, viennent déjà les premières questions. L’aéroport est-il assez sécurisé ? Dès mardi, plusieurs bagagistes nous expliquaient que "rien n’avait vraiment changé" depuis les attentats de Paris, en novembre dernier, et que "n’importe qui pouvait s’introduire dans le hall d’entrée avec une bombe". "La présence de militaires est efficace contre les vols et agressions, mais inadéquate contre les terroristes", dénonçaient des employés sous couvert d’anonymat.

Comme en Israël ou en Colombie

Et ces derniers de réclamer des détecteurs de métaux et des scanners avant l’entrée dans le bâtiment de l’aéroport. Les partisans des portiques sont aussi d’avis qu’il ne faudrait laisser entrer que les voyageurs munis d’un billet, tout en limitant les portes d’accès. "Une bombe à l’intérieur ou à l’extérieur d’un bâtiment, ça fait un monde de différence", expliquait un employé dans la presse flamande, ce mercredi.

Si des contrôles préventifs de ce type sont très rares en Europe, ils sont devenus la norme dans certains aéroports des Etats-Unis, de Colombie, d’Israël ou de plusieurs pays africains ou asiatiques.

Reste que certains demeurent sceptiques par rapport à une telle mesure. "C’est vrai que nous demandons depuis très longtemps d’avoir davantage de moyens de sécurité dans la "zone stérile" (NdlR : réservée aux passagers) , explique une voix syndicale. Mais croire que l’on peut fouiller tout le monde dans la zone publique du bâtiment est une utopie." D’après cette source, on ne ferait en fait que déplacer le problème. "Imaginez que ces portiques de sécurité créent une file de 200 personnes pour entrer dans l’aéroport. C’est aussi une cible rêvée pour un attentat." Raphaël Meulders