Les rescapés du métro de la mort racontent l’horreur de l’explosion.

Charles Declercq est prêtre et critique cinéma à RCF. Il était présent dans la rame qui a explosé à la station de métro Maelbeek. "J’étais tranquillement en route pour la vision presse de Batman vs Superman au Heysel, étant monté dans la première voiture de la rame de métro de toute justesse… quand, en arrivant à la station Maelbeek, une déflagration, des vitres tombent sur mes jambes, plus de lumière, la fumée, les cris… ", explique le journaliste. "Le chauffeur arrive après deux minutes, avec une lampe et fait sortir les passagers par l’emplacement où il y avait une fenêtre… À terre, je vois des passagers recroquevillés, que l’on discerne à peine. On pourrait écraser des gens dans la fuite… Dans la station Maelbeek, tout est noir, rempli de fumée bleue… Une dame crie : ‘Il y a une sortie par ici’ . Dans la cour, des gens ensanglantés, mais ce ne sont pas de grands blessés apparemment, ce sont ceux qui ont pu sortir."

Joint par téléphone, le journaliste se dit particulièrement choqué. "Excusez-moi, je suis encore sous le choc et je pleure tout le temps. J’ai tout de suite pris conscience que c’était un attentat car j’avais entendu les nouvelles de Zaventem. J’ai vu de nombreuses personnes ensanglantées mais qui arrivaient à se déplacer", conclut-il.

Caroline était également dans le métro de Maelbeek au moment de la détonation. "J’étais assise dans la dernière voiture. J’ai entendu que ça a pété au moment de rentrer dans le tunnel, j’ai vu une grosse fumée avec une lumière orange. Des débris nous sont tombés dessus et puis toute ma rame a pu être évacuée par les portes qui se sont ouvertes. Cela paraissait totalement irréel, on ne comprenait pas trop ce qui se passait ! Les gens étaient relativement calmes mais pressés de sortir. On est tous choqués."

Dans la rue cette fois-ci, une jeune Finnoise blonde, les larmes aux yeux, est assise à même le sol, à seulement une dizaine de mètres des secouristes qui s’affairent autour des blessés graves. Alors que des gouttes de sang et des larmes perlent sur son visage, elle balbutie : "J’étais dans la station quand j’ai entendu deux explosions. Je suis sortie aussi vite que j’ai pu, il y avait beaucoup de gens par terre. J’ai couru sans regarder autour de moi…"

De l’avis de ses collègues, le conducteur du métro attaqué a adopté un comportement exemplaire en procédant directement à l’évacuation et en portant lui-même des enfants. Christian Delhasse, qui prendra sa retraite dans six mois, n’a pas souhaité raconté son action, pourtant saluée par ses pairs. "Dans ce grand malheur, c’était une chance de l’avoir comme conducteur. Il est très courageux", a ainsi commenté un délégué syndical.