Il lui a payé une bière et elle a accepté de le loger…

Assia B. a finalement été remise en liberté à l’issue "d’une audition approfondie" tout comme l’autre suspect interpellé - Chouaki A. - en même temps que Mohamed Abrini, a indiqué le parquet fédéral ce samedi.

Âgée de 43 ans, Assia B. a été l’ultime logeuse de Mohamed Abrini pendant ses derniers jours de cavale en plein cœur du quartier anderlechtois de Cureghem. Elle a notamment avoué avoir hébergé le présumé terroriste dans son appartement "depuis mardi soir" dernier après l’avoir rencontré dans un café anderlechtois situé à proximité de son domicile. "Il m’a dépannée de deux euros pour une bière. Il m’a dit qu’il ne savait plus rentrer chez lui parce qu’il avait claqué la porte derrière lui et oublié ses clés, son GSM, son portefeuille avec sa carte d’identité à l’intérieur. Il m’a dit qu’il ne pouvait donc pas aller à l’hôtel et qu’il n’avait nulle part où aller parce que sa famille était partie en Allemagne", a en substance expliqué Assia aux enquêteurs. "Il jouait beaucoup au bingo. Il avait beaucoup d’argent sur lui. Il avait des liasses de billets de vingt et cinquante euros. Il me les a montrées".

Assia a également précisé qu’elle n’avait pas dénoncé Mohamed Abrini parce qu’elle ne l’avait pas reconnu les premiers jours : "Je ne l’ai reconnu que quelques heures avant son arrestation lorsqu’ils ont diffusé son portrait au journal télévisé et j’ai pris peur. Je n’ai pas bougé tout de suite parce que je comptais aller voir l’agent de quartier le lendemain".

Quant à savoir comment Mohamed Abrini s’est comporté avec elle ? "Bien. Il ne m’a jamais parlé de religion. Au contraire, il ne m’a raconté que des conneries. Je lui ai fait ses courses. Je ne lui ai acheté que de la nourriture. Il sortait surtout en fin de journée. Il dormait sur le canapé. Son départ était prévu pour ce vendredi soir".

Aussi incroyables qu’elles paraissent, les explications d’Assia B. semblent pour le moment avoir convaincu les enquêteurs qui ont probablement également pris en compte ses lourds antécédents psychiatriques pour asseoir leur conviction.