Pour accueillir l'ensemble des blessés, vingt-cinq hôpitaux ont été mobilisés, mardi, principalement en région bruxelloise, mais aussi en périphérie et même à Charleroi, où l'hôpital Marie Curie a accueilli un blessé. Vu l'ampleur de la situation, des médecins supplémentaires ont également été rappelés pour prendre en charge les très nombreux blessés.


La plan de mise en alerte des services hospitaliers (plan MASH) a été déclenché, en matinée, dans la région bruxelloise. Ce plan est destiné à organiser et réorienter toutes les activités de l'hôpital lorsqu'il se trouve confronté à une situation d'exception. Il consiste à évaluer la capacité d'accueil et de traitement. Afin d'optimiser la répartition des victimes, notamment en fonction de la spécificité et de la gravité de leurs blessures, de la localisation et des disponibilités, un dispatching est opéré à partir des lieux d'attaque vers les différents hôpitaux de la région bruxelloise. "Les secours sur place ont été assez actifs pour dispatcher toutes les victimes, a souligné le Dr Christian Merlot, chef des urgences à Erasme. Les postes médicaux avancés sur chaque lieu d'attentat ayant déjà bien œuvré dans l'évaluation et la répartition des blessés".

Huit personnes en U1

Alors que l'hôpital Erasme était, dans un premier temps, un hôpital de deuxième ligne, il est passé en première ligne. C'est en effet cette structure hospitalière qui a reçu les blessés les plus sérieusement touchés à l'aéroport de Zaventem, nous a fait savoir, Sophie Coppens, directrice de la communication de l'hôpital Erasme, où une cellule de crise s'est réuni à plusieurs reprises. Alors que les dernières ambulances sont arrivées entre 12h30 et 13h, le bilan à 15h10, faisait état de quatorze personnes accueillies à l'hôpital Erasme, dont sept provenant des attentats de Zaventem et sept autres des explosions ayant eu lieu dans le métro.

"Jusqu'ici, nous dit Sophie Coppens, on estime que huit personnes sont en U1, ce qui signifie qu'elles présentent des lésions sévères, de l'ordre de membres arrachés, de fractures sévères, de lésions cérébrales. De ces huit personnes, il en est quatre dont le pronostic vital est engagé. Trois personnes sont en U2 et trois autres encore en U3, c'est-à-dire des personnes qui sont choquées psychologiquement, soit par le souffle de l'explosion ou par ce qu'elles ont vu sur les lieux de l'événement".

Pour ce qui est de l'hôpital lui-même et de la sécurisation du bâtiment, la direction a décidé de fermer tous les accès, mise à part l'entrée principale, où il y a bien sûr une vigilance accrue. Il est en outre déconseillé aux patients de venir avec un bagage, un sac à dos… Les consultations sont en revanche maintenues. Enfin, au personnel, on a demandé d'avoir un port bien visible du badge.

Quant aux blessés moins sévères des stations de métro, ils ont été dirigés vers les Cliniques universitaires Saint-Luc. Sept victimes ont également été dirigées vers l'hôpital universitaire Gasthuisberg de Louvain, tandis que d'autres blessés graves, notamment des grands brûlés, ont été amenés à l'hôpital militaire de Neder-over-Heembeek.

Cellule de crise à St Luc

Plusieurs personnes ont aussi été hospitalisées aux Cliniques universitaires Saint-Luc, nous avait confirmé en matinée Sylvain Bayet, chargé de communication aux Cliniques St Luc, où une cellule de crise suit la situation heure par heure, alors que leurs équipes SMUR sont sur site. Vers 13h, le service communication faisait savoir que onze blessés avaient été pris en charge. "Nous sommes bien entendu en capacité d'assurer la prise en charge des victimes qui nous sont envoyées", a-t-il encore indiqué, précisant que les Cliniques continuaient également d'accueillir les urgences courantes. Quant aux proches des victimes, un accueil spécifique a été mis en place, de même que pour les personnes présentes sur les lieux au moment des attentats.

En ce qui concerne les mesures prises sur place, étant donné le passage en alerte niveau 4, les accès de l'hôpital ont été limités à l'accès principal côté avenue Hippocrate et les contrôles ont été renforcés. Les Cliniques demandent de limiter "au strict nécessaire" les visites aux patients hospitalisés. Bien que de nombreux patients ont annulé leur rendez-vous, les activités de consultation, d'hospitalisation et médicotechniques se déroulent normalement. Enfin, pour ce qui est du don de sang, les Cliniques ne lancent pas d'appel pour le moment.