Belgique La jeune femme qui a perdu la vie dans les attentats de Paris aidait une association.

Lors des attentats de Paris, deux Belges, Elif et son compagnon Milko ont perdu la vie. Il apparaît que la jeune femme de 26 ans aidait depuis plusieurs années une association qui œuvre au Sénégal, notamment à l’alphabétisation. "Elle versait 350 € à chaque fois qu’elle le pouvait, c’est-à-dire, environ une fois par mois", explique Sébastien Bovy, un proche de la jeune femme. "Elle faisait cela de manière très discrète et elle n’en n’avait informé que des amis très proches et sa maman, plusieurs mois avant de perdre la vie. Elle avait sa pudeur et n’en faisait pas spécialement état", poursuit Sébastien Bovy. "Il y a quelques années, Elif s’est rendue au Sénégal et elle a été particulièrement touchée." La jeune femme a donné, à travers une association, des cours d’alphabétisation sur place.

Les motifs qui ont poussé Elif à faire de tels dons ne sont pas religieux. "Elif était profondément laïque et athée", continue Sébastien Bovy. "Elle ne faisait pas cela pour se donner bonne conscience ou se déculpabiliser. Elle le faisait uniquement parce qu’elle avait été touchée par la misère rencontrée lors de son voyage en Afrique." D’après ses amis, Elif était une femme moderne. "Elle faisait cela par éthique et par envie d’aider, mais aussi par humanisme."

La jeune femme a laissé un souvenir impérissable dans l’esprit de ses amis. "Il suffisait de la rencontrer une seule fois pour s’en souvenir. Elle nous a marqués à vie. Ses amis et ses parents ont envie de perpétuer les valeurs qu’elle véhiculait. Nous aimerions que sa mémoire soit honorée." C’est dans ce cadre que la famille et les amis ont évoqué en discussion la possibilité de peut-être créer une ASBL. "Ce serait une manière de perpétuer sa mémoire. C’est à cette occasion que nous avons évoqué la possibilité de peut-être utiliser des indemnités. Mais tout cela est hypothétique en ce moment d’autant que les parents n’ont encore entamé aucune démarche envers la France. Ils n’ont même pas encore pensé à la procédure pour se constituer partie civile", poursuit Sébastien Bovy. "Il semble que l’on tente de la récupération et ce n’est pas du tout ce qu’elle était", termine l’ami d’Elif, un brin irrité. "Je témoigne pour rectifier le tir et empêcher cette récupération."