Comble de la situation, alors que l'eau a inondé comme jamais certains endroits du pays, ceux-là mêmes doivent parfois faire face à des coupures ou des manques d'eau potable. Comme on peut en effet l'imaginer, l'accumulation des précipitations de ces dernières heures et les importantes inondations qu'elles provoquent ne sont pas conséquences sur les réseaux de distribution d'eau en Wallonie.

"Nous avons trois gros soucis, nous confirme Benoît Moulin, porte-parole de la Société wallonne de distribution d'eau (SWDE). Le premier problème est qu'à certains endroits, il n'y a pas de courant. Et donc, certaines de nos stations de pompage ainsi que des ouvrages sont à l'arrêt puisque tout fonctionne à l'électricité. Ces interruptions de l'alimentation électrique ont pour conséquences que, là où nous n'avons pas pu mettre en place de solutions de secours, comme des alimentations alternatives par des interconnections avec d'autres ouvrages ou par des réalimentations par camions, il y a des coupures d'eau dans certaines communes ou certains quartiers.

Le deuxième problème est qu'à certains endroits, il y a eu des glissements de terrain, qui ont parfois provoqué des ruptures de canalisations. C'est par exemple le cas dans la zone de Verviers où une canalisation a été emportée par les crues, ce qui a provoqué des manques d'eau. Dans la plupart des endroits, nous avons cependant pu mettre en place des solutions, mais pas partout.

Enfin, le troisième problème, qui concerne une petite dizaine de communes sur les provinces de Liège et de Namur, est la pollution de captages consécutive à des infiltrations d’eau de surface. Des captages ont en effet été submergés par des ruissellements de boue. Ce phénomène est d’une ampleur totalement inhabituelle car les inondations provoquent des torrents d’eau qui s’engouffrent dans certains captages et y altèrent la qualité de l'eau brute. Cela signifie que ces captages sont contaminés et qu'ils doivent momentanément être mis à l'arrêt. Là où nous n'avons pas pu les maintenir à l'arrêt sans provoquer des coupures d'eau complètes sur les réseaux qui les alimentent, nous les avons remis en service et déclaré l'eau non potable".

Les communes problématiques

Dans les communes de Hannut, Lincent, Hélècine (Linsmeau), Wasseiges et Braives, en province de Liège, l'eau ne peut pas être utilisée à des fins alimentaires, même bouillie. Son utilisation doit être limitée aux besoins des sanitaires (WC) et à l'hygiène corporelle si l'eau est légèrement trouble. Sont dans le même cas, en province de Namur, Dinant centre y compris l'hôpital, Eghezée et Beauraing. En province de Hainaut, même cas de figure à Floriffoux, excepté au zoning "Materne".

D'autres communes connaissent des manques partiels d'eau mais sans risque de non-potabilité. Il s'agit, en province de Liège de Sprimont, Dison, Ensival, Stavelot, Pepinster et Verviers. Houyet et Rochefort, en province de Namur, sont également dans ce cas.L'hôpital de Namur est désormais sécurisé et la zone de Chanxhe est à nouveau alimentée.

La situation ne sera pas rétablie avant 48 heures, assure la SWDE, qui diffuse sur son site des communiqués actualisés.

Du côté de la CILE (Compagnie intercommunale liégeoise des eaux), on annonce des perturbations de l'alimentation en eau sur les communes de Hamoir, Mery (Esneux), Beaufays et Trooz. Il n'y a par ailleurs jusqu'ici aucun problème de potabilité.

Assurer l'acheminement et la distribution de bouteilles d'eau

Et qu'en est-il pour les heures à venir? "Le nuage qui nous arrose semble se déplacer vers l'ouest, ce qui fait que certaines stations sont à présent sous surveillance du côté de Charleroi et du Hainaut, poursuit Benoît Moulin. Pour revenir à une situation normale, il faudra a priori attendre 48 heures. En attendant, nous nous coordonnons avec les services provinciaux de crise pour assurer le mieux possible la meilleure distribution de bouteilles d'eau, sachant que les zones sinistrées sont très difficilement accessibles. Nous devons donc pouvoir assurer l'acheminement. C'est une autre paire de manches…".