Belgique

Aucun départ vers la Syrie n'a été enregistré depuis Molenbeek en une année, selon les chiffres révélés par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon, une année après la mise en place du "Plan Canal", et relayés par les quotidiens La Dernière Heure, De Morgen et Het Laatste Nieuws. 

Elaboré par M. Jambon dans la foulée des attentats, ce plan a pour ambition de lutter contre le radicalisme dans huit communes déterminées: la Ville de Bruxelles, Saint-Gilles, Anderlecht, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Josse-ten-Noode, Koekelberg, Vilvorde et Schaerbeek. Les chiffres révèlent qu'aucun départ d'extrémiste vers la Syrie et l'Irak n'a eu lieu. Une personne aurait toutefois tenté le voyage, mais n'a pas réussi à atteindre sa destination. Sur les 46 combattants revenus de Syrie, seulement cinq ont dû être suivis par un fonctionnaire en charge de la déradicalisation.

Si Molenbeek n’est pas "nettoyée du terrorisme", comme l’avait annoncé Jan Jambon (N-VA), un important travail a été effectué.

"Je vais nettoyer Molenbeek", avait déclaré Jan Jambon, ministre de l’Intérieur, dans les jours qui ont suivi les attentats de Paris du 13 novembre 2015, quand il a été clair que deux des coupables - les frères Abdeslam - étaient originaires de cette commune bruxelloise. Dans les mois qui ont suivi, Molenbeek a été considérée par le monde entier comme l’épicentre de la terreur islamiste. Le plan Canal, qui a été présenté par le ministère de l’Intérieur au gouvernement en février 2016, devait avant tout mettre fin au sentiment de non-droit dont le terrorisme se nourri. Si neuf communes bruxelloises sont concernées par le plan Canal, Molenbeek-Saint-Jean est une priorité depuis le début.

Ça a été le premier endroit où - avec Vilvorde - des agents de police supplémentaires ont été envoyés. Pour Molenbeek, cinquante hommes sont venus renforcer un groupe qui s’élevait auparavant à 879 unités. Ils ont réalisé 104 interventions, au cours desquelles 6.168 personnes ont été contrôlées. Le tout représentant 17.900 heures de travail supplémentaires sur le terrain : plus de onze mille heures ont été consacrées à des opérations sur la voie publique et 6.000 dans les transports en commun.

Alors que la criminalité totale a diminué de 3 %, une attention plus accrue a été portée aux délits qui pourraient être liés au terrorisme. Le nombre de délits observés, pour lesquels il y a eu des recherches spécifiques, a augmenté de 53 % : 35 % pour les infractions concernant la législation sur les armes à feu, 68 % pour la législation concernant les étrangers, 72 % pour les délits liés à la drogue et 116 % pour les infractions concernant les droits civils, comprenant la fraude au domicile.

Un suivi plus strict du registre de la population a amené à la vérification de 8.603 adresses et 22.668 personnes.

"De tels contrôles avaient naturellement lieu aussi auparavant", affirme le chef de la police Johan De Becker. "Mais depuis le plan Canal, nous vérifions chaque nouvelle inscription mais également chaque unité d’habitation du même bâtiment et le contrôle est à nouveau effectué après quelques semaines."

Cette approche a mis en lumière, par exemple, environ deux cents fraudes sociales et, au total, 1.113 personnes ont été rayées d’adresses auxquelles elles ne semblaient pas vivre.

Enfin, une enquête approfondie a été réalisée au sujet des 1.617 ASBL actives sur la commune. 749 d’entre elles étaient en ordre, 270 nécessitaient une enquête plus détaillée, 51 sont suspectées d’entretenir des liens avec le radicalisme et la terreur. 17 sont suspectées d’avoir des liens avec la drogue, 8 avec les armes à feu et 26 avec d’autres délits.