Belgique

Ode d'Onkelinx à la majorité sortante. Et cap sur l'environnement. Interview exclusive

BRUXELLES Elle a passé les fêtes sagement, à la maison. Besoin d'un break chez elle, après une année difficile. Mais Laurette Onkelinx (PS) est de retour. Et pas revancharde à l'égard d'un Guy Verhofstadt dont elle loue même les qualités d'animateur de débat, dans son interview de rentrée à la DH .

Elle déboule aussi avec un chantier qui étonne dans une bouche socialiste : l'environnement. Et penche pour des élections en mai. "Je les aimerais pas trop tard. Pas à cause de la France, mais des examens. On demande aux jeunes de s'intéresser à la politique. Ce serait quand même bête de les priver du débat des élections... "

Plutôt voter en mai, donc ?

"Je préférerais."

Après, les négociations seront-elles longues ?

"Je crois que ça prendra du temps. Il ne faut pas en avoir peur. On verra l'état de l'éclatement des forces politiques au Nord ainsi que les discussions institutionnelles que les Flamands veulent forcer. Mais ça dépendra aussi d'un nouveau volet, l'environnement, à bien négocier."

L'environnement ? Y aurait-il un effet Al Gore ou Nicolas Hulot ?

"Ils ont réussi à vulgariser l'urgence. Guy Verhofstadt a déjà provoqué un débat. Donc, c'est génial ! Ses idées sont parfois étonnantes, difficiles. Mais peu importe : il lance le débat, et ça, moi, j'aime bien ! Ce sera un des grands défis du PS de construire un programme fort sur le sujet."

Verhofstadt-Hulot, même combat ?

"Disons que le Premier ministre a sans doute été influencé. Hulot dit que le débat doit quitter les partis estampillés écolos pour gagner les autres formations. 100 % d'accord !"

L'environnement devra-t-il être la première priorité du prochain gouvernement ?

"L'actuel a réussi à concilier économie et progrès social. Le prochain devra y intégrer l'environnement. Ce sera son triangle magique à réussir."

Changer les comportements environnementaux, cela annonce-t-il des pénalisations fiscales ?

"Hulot dit un peu ça. Il veut augmenter le prix de la vie, ce qui serait compensé par une moindre consommation. Pas d'accord. Tous les instruments sont à utiliser. Mais on devra pouvoir payer moins, selon son choix de mode de vie."

Y a-t-il vraiment urgence à agir, en Belgique ?

"Ah plutôt, oui : dans 50 ans, les réserves de gaz et de charbon seront épuisées. Tout notre mode de vie repose là-dessus. Il faut travailler les énergies renouvelables, se reposer la question du nucléaire."

En sortir, était-ce une erreur ?

"Non, mais c'était conditionné à l'existence d'alternatives. Et pour ça, on n'est pas très avancés...."

Vous rendez hommage à la méthode Verhofstadt. On est loin des noms d'oiseaux de fin 2006, non ? On n'est plus dans une alliance contre-nature, comme vous le disiez ?

"Je suis très contente de notre bilan. VLD et PS, c'est totalement différent. Donc, on a eu des tensions. Et les tensions, parfois, ça bloque. Mais parfois, c'est un moteur de changement. Un débat d'idées n'est jamais médiocre."

Guy Verhofstadt pourrait-il rempiler au 16 ? Il ne vous paraît pas usé ?

"Il a paru l'être. Mais vous avez vu comme la bête est repartie ? ! Comme il a su redémarrer sur un débat de fond ? ! Étonnant, hein ?...."

Et vous, il vous reste des projets ?

"J'ai 14 réformes que le Parlement doit encore voter ! Un vrai Himalaya pour mon équipe ! On va faire le maximum. Celle sur l'arriéré judiciaire, je la veux. Le reste, tout le monde dit que c'est important..."



© La Dernière Heure 2007