Le 3 décembre dernier, le Codeco a décidé de rendre obligatoire le port du masque buccal pour les enfants de six ans et plus. Conséquence immédiate : chaque famille doit équiper sa marmaille. Une organisation pas si évidente que ça, selon Test Achats.

Par voie de communiqué, l’organisation de consommateurs explique avoir visité "une cinquantaine de magasins physiques et webshops susceptibles de vendre des masques buccaux pour enfants." Parmi ces supermarchés, drogueries, pharmacies et parapharmacies, seules 25% des enseignes disposaient d'un stock de masques pour enfant. Test Achat épingle donc un manque de gestion, de stock et de choix pour les familles.

Sans ce stock, impossible selon l’organisation d'atteindre les résultats escomptés par une telle mesure. "Le masque doit bien s'adapter au visage de l’enfant et couvrir son nez, sa bouche et son menton. L’enfant doit être capable de respirer confortablement à travers le masque, sans quoi il sera plus enclin à retirer le masque, ce qui n'est évidement pas le but", note Test Achats.

Jean-Philippe Ducart, Manager Public Affairs & Media Relations de l'association, enfonce le clou. "Généraliser le port du masque spécialement pour les jeunes enfants, devait s’accompagner de toute une série de mesures d’accompagnement, permettant un approvisionnement et des stocks suffisants, ayant pour effet direct, un meilleur choix et de meilleurs prix. Ce n’est pas le cas actuellement”, condamne-t-il.

Une urgence de transparence

Dans ce même communiqué, l'association rappelle qu'elle demande de la transparence sur les stocks et les compositions des masques depuis le début de la pandémie aux ministres compétents. "Les consommateurs doivent recevoir des informations correctes et claires lors de l'achat d'un masque. Le consommateur doit savoir quel type de masque il achète mais aussi quelle est l'efficacité du filtre, sa résistance à l’air et les substances qui ont été utilisées pour le fabriquer", insiste-t-elle.

Pour Jean-Philippe Ducart, “on peut se réjouir que le gouvernement se soit engagé à effectuer des contrôles et à élaborer une réglementation. Celle-ci est censée obliger les fabricants de masques à faire preuve de transparence totale sur la qualité et la composition de leurs produits." Mais il ajoute qu’il y a désormais "urgence dans ce dossier vu que cette obligation du port du masque s’étend aujourd’hui à un public plus jeune et donc plus vulnérable, en plus du problème d’approvisionnement.”