Le nombre total de chômeurs complets indemnisés a baissé, entre 2014 et 2016, de 16 %.

Ce sont 377.930 chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi qui ont perçu, en mars 2017, une allocation de chômage, soit une baisse de 3,5 % ou de 13.567 unités par rapport à l’année passée à la même période. En mars dernier, le nombre de chômeurs complets sur une base annuelle a par ailleurs diminué de 3,1 % en Région flamande (-5.004 unités), de 4,6 % en Région wallonne (-7.610 unités) et de 1,5 % en Région de Bruxelles-Capitale (-953 unités). En mars 2017, on dénombrait 157.091 chômeurs complets en Région flamande, 156.098 en Région wallonne et 64.741 en Région bruxelloise. C’est ce qu’a indiqué hier l’Onem dans son rapport mensuel.

De manière générale, le nombre total de chômeurs indemnisés, qu’ils soient demandeurs d’emploi ou exemptés de disponibilité pour une raison ou pour une autre, est en baisse depuis les débuts du gouvernement fédéral en octobre 2014, passant de 633.361 en 2014 à 532.381 en 2016, soit une diminution de l’ordre de 16 % en deux ans. Au final, le nombre de chômeurs indemnisés n’a par ailleurs jamais été aussi peu élevé depuis 1992.

Les chiffres de l’Onem sont intéressants, mais ne donnent en soi que le nombre de chômeurs touchant une indemnité, pas le nombre total de chômeurs, met en garde, Bruno Van Der Linden, économiste à l’Institut de recherches économiques et sociales (UCL). "Ce sont des statistiques intéressantes, mais il faut s’entendre sur la définition de chômeur. Le Bureau International du Travail (BIT) définit un chômeur comme une personne sans emploi, à la recherche d’un emploi et disponible pour occuper un emploi. Il faut donc dépasser la notion de chômage indemnisé pour dénombrer la population en chômage", explique le chercheur.

Pour Bruno Van Der Linden, c’est le taux de chômage, soit le nombre de chômeurs rapporté à la population totale, qui est intéressant à observer. Un taux en légère diminution dans les trois régions du pays, passant de 11,9 % de moyenne en 2014 à 10,6 % en 2016 en Wallonie de et 18,4 % à 16,9 % en Région bruxelloise sur la même période. À l’échelon national, le chiffre est passé de 8,6 % à 7,8 % entre 2014 et 2016.

Attribuer ces baisses aux mesures prises par le gouvernement de centre-droit de Charles Michel (MR) serait néanmoins trop hâtif, insiste Bruno Van Der Linden. "Il y a 1.001 raisons pour lesquelles le chômage peut avoir baissé. Attribuer cette baisse à l’action du gouvernement, c’est vraiment brûler les étages", conclut-il.

© D.R.