De nouvelles mesures contre la problématique des jeunes Belges en Syrie


BRUXELLES De nombreuses familles belges s’inquiètent de voir leurs enfants partir combattre en Syrie. La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (CDH) annonce des mesures.

Mme Milquet, quel est le profil type du jeune Belge qui part combattre en Syrie?

“Nous sommes confrontés à une multitude de profils très différents. Vous avez les convertis, de jeunes Belges qui se convertissent et parmi lesquels on trouve des gens très radicalisés. Il y a aussi les idéalistes, souvent manipulés et enrôlés dans des causes plus radicales… On trouve également les cas très lourds, suivis de près par la justice… Et enfin, ceux qui veulent soutenir l’opposition classique.”

Combien de Belges sont concernés?

“On est en dessous de la centaine. Sans doute 60, 70 ou 80 cas. Ce qui reste préoccupant…”

Outre la mise en place d’une Task Force, quelles sont les mesures déjà prises?

“Renforcement des contrôles dans les aéroports; rencontre avec les familles; échange d’informations permanent avec les communes – vendredi, nous avons encore envoyé aux bourgmestres une liste des bonnes pratiques en matière de lutte contre le radicalisme; j’ai également demandé à notre officier de liaison en Turquie d’avoir une rencontre avec les autorités turques pour renforcer le contrôle aux frontières… On n’arrête pas.”

Un kern (gouvernement restreint) aura lieu la semaine prochaine sur la Syrie. Quels seront les grands points abordés?

“Des mesures complémentaires doivent être prises. Un aspect fondamental est le renforcement du radicalisme sur Internet… J’ai proposé qu’on ait une plateforme renforcée au sein de l’Ocam (Organe de coordination pour l’analyse de la menace) où l’on pourrait détacher des gens de la Sûreté de l’État et de la police fédérale. Pour pouvoir interdire ces sites, il faut d’abord les détecter. Internet est une priorité car c’est l’un des éléments qui permet l’émergence de phénomènes nouveaux comme les terroristes isolés.”

Vous avez mis en place une adresse e-mail (syrie@ibz.fgov.be) pour soutenir les familles. Un premier bilan?

“Nous recevons quatre ou cinq e-mails par jour, y compris des messages d’expression. On s’arrange toujours pour donner un suivi aux familles. On dispatche selon les besoins (au niveau local, vers le parquet,…). Et je voudrais dire aux familles que, dès qu’il y a un problème, elles doivent vraiment le signaler tout de suite. C’est la meilleure manière pour réagir de façon optimale.”

© La Dernière Heure 2013