Belgique

Belgocontrol fonctionne de nouveau, depuis 15h00, en pleine capacité après l'appel au personnel des ministres Peeters et Galant et des syndicats à reprendre le travail. Un changement d'équipe a eu lieu à 15h00. "Nous pouvons assurer tous les vols jusqu'à 22h00", explique Dominique Dehaene, porte-parole de Belgocontrol. "Nous n'avons pas de sécurité après 22h00. Nous attendons de nouveau des problèmes".

Les trois syndicats ont rencontré les ministres Galant et Peeters mercredi matin. Les différentes parties ont appelé, à l'issue de la réunion, à la reprise du travail dans "l'intérêt des voyageurs, du tissu économique autour des aéroports et de l'ensemble des parties prenantes, y compris les membres du personnel de Belgocontrol eux-mêmes".

"L'interdiction de grève pour les contrôleurs aériens est défendable"

"L'instauration d'une interdiction de grève pour les contrôleurs aériens est socialement défendable car leur fonction est vitale pour l'ordre public et une grève de ce type est dommageable pour l'économie. Toutefois, je doute qu'une interdiction serait acceptée par des instances comme l'Organisation internationale du travail ou le Comité européen des droits sociaux", explique Pieter Pecinovsky, chercheur à l'Institut du droit du travail à la KU Leuven. Pour Roger Blanpain, professeur émérite en droit du travail à la KUL, l'action des contrôleurs aériens est "socialement indéfendable" en raison des dommages "incalculables pour notre pays". Il souligne que "notre pays est actuellement qualifié de 'failed state' par beaucoup de gens à l'étranger avec un risque énorme en conséquences économiques sur le plan des investissements et de l'emploi. Faut-il rappeler que le président Ronald Reagan avait licencié les contrôleurs aériens en grève et les avait remplacés par des militaires?", explique encore M. Blanpain.

Le ministre Di Antonio envisage un recours aux opérateurs de pays voisins

Le contrôle aérien opéré par Belgocontrol dans les aéroports wallons pourrait être repris par des opérateurs de pays voisins en cas de grève, a affirmé le ministre wallon Carlo Di Antonio, en plénière du parlement wallon. 

Interrogé par le chef de groupe cdH Dimitri Fourny, M. Di Antonio (cdH) a qualifié cette grève sauvage de "scandaleuse". Il a rappelé que des contacts avaient été pris il y a quelques mois, à la suite d'une panne électrique de Belgocontrol, pour que des opérateurs de contrôle aérien de pays voisins assurent cette tâche dans ce cas de figure.

"Si c'est possible en cas de panne technique, c'est aussi possible en cas de grève", a commenté le ministre, qui dit envisager de négocier un protocole en ce sens.