Belgique

"Les services de renseignements marocains, qui ont fabriqué cette affaire, doivent apporter les preuves de ce qu'ils avancent"


RABAT Le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, accusé d'avoir dirigé un réseau terroriste présumé de 35 membres, a nié avoir entrepris des actions visant le régime marocain, jeudi devant le tribunal antiterroriste de Salé, près de Rabat, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les membres de ce réseau, dont le procès a débuté le 16 octobre 2008, sont poursuivis pour "assassinats et tentatives d'assassinats avec des armes à feu et vol qualifié".

Leur chef présumé, Abdelkader Belliraj, 50 ans, a été arrêté le 18 février 2008 au Maroc avec plusieurs autres personnes en possession d'"un important arsenal d'armes à feu", selon l'accusation.

"Je n'ai pas introduit d'armes à feu au Maroc et nie toute tentative d'actions de ma part visant le renversement du régime", a affirmé Belliraj en réponse à une question du juge.

Abdelkader Belliraj a également nié catégoriquement avoir contribué à faire passer des armes au Front islamique du Salut (FIS, dissout) algérien: "jamais je n'ai fait cela", a-t-il dit.

Le chef présumé du réseau a demandé au juge d'organiser une confrontation avec certains responsables marocains qui l'accablent de ces accusations. "Je veux qu'ils viennent à la barre pour que la vérité éclate", a-t-il ajouté.

Le procès se poursuivra avec l'audition des 34 autres accusés, a-t-on indiqué de source judiciaire. Le verdict est attendu dans les prochaines semaines.

Le procès des 35 prévenus est parfois ponctué de protestations d'organisations de défense des droits de l'Homme contre l'implication dans cette affaire de six islamistes réputés modérés.

Parmi eux, le chef du parti Al Badil Al Hadari (Alternative civilisationnelle), Mustapha Moâtassim. Ce parti a été dissout par décret gouvernemental en février 2008.

© La Dernière Heure 2009