Après avoir conquis les entreprises, la police et même l’armée, les formations en détection de mensonges intéressent une université belge

BRUXELLES 93 % de notre communication est non verbale et se fait via des gestes et des expressions faciales. Tout le problème est de savoir si ce qui est dit est en parfaite adéquation avec ce qui est pensé… Observer, détecter et déjouer les menteurs, voilà une capacité qui fait beaucoup d’envieux !

Particuliers, gérants d’entreprises, enseignants, détectives privés, compagnies d’assurances, policiers et même certains services de l’armée : tous ont, dans cette optique, fait appel aux services du juriste et criminologue Stany Ledieu et d’Arnaud Blavier, coach et formateur certifié par le célèbre précurseur en communication non verbale Paul Ekman.

Ces deux hommes et leur équipe de spécialistes ont introduit en Belgique en janvier 2012 des formations de quatre jours en détection du mensonge, après être passés par la France et le Luxembourg.

Au programme : initiation aux éléments de détection de mensonges et identification de la gestuelle et des micro-expressions chez son interlocuteur. “Des RH qui doivent embaucher veulent souvent savoir ce qu’il y a derrière un CV, quand ils rencontrent leurs futurs employés. On leur apprend des techniques qui permettent d’évaluer l’état émotionnel de la personne interrogée, la manière de construire ses phrases, de se tenir et d’aborder des sujets sensibles” , indique Stany Ledieu. Par ailleurs, des initiations sont actuellement en cours dans des écoles de police, notamment à Liège. “Des personnes de différents secteurs nous demandent parfois de faire de l’accompagnement. Par exemple, lors de négociations entre plusieurs entreprises, nous devons analyser si telle ou telle personne bluffe.” À la base de cette formation – actuellement diffusée en anglais –, on retrouve la méthode Ekman et ses sept expressions faciales universelles. Vu leur succès croissant – déjà près de 350 membres et une cinquantaine de diplômes reconnus par le ministère de l’Intérieur) –, “on propose des sessions ouvertes d’une journée, une sorte de séminaire plus abordable point de vue du prix et en français (NdlR : un jour coûte 190 €, et la formation complète, 1.800 €…).”

Et cela va plus loin… Fin de l’année, les initiateurs de cette formation vont peut-être voir éclore un certificat universitaire en détection du mensonge et des micro-expressions dans une université belge francophone. “Un groupe de travail se réunit depuis quelque temps sous l’égide de professeurs d’université. Le projet prend forme, petit à petit. La durée de ce type de formation certifiante est variable et peut durer de six mois à deux ans.”

Le relais vers le milieu universitaire est donc établi. Comment expliquer cet engouement ? “Dans notre société, tout est de plus en plus souvent basé sur les relations interpersonnelles. Et une des caractéristiques de l’être humain est que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Le fait qu’il y ait, lors du processus d’embauche, beaucoup de candidats pour peu de places pousse également les postulants à mentir…”

en savoir plus

Www.consultance-en-securite.be E-mail : info@consultance-en-securite.be Sessions ouvertes le 6 avril, 6 juillet et 7 septembre 2013.



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