Les propos du ministre-président flamand Geert Bourgeois font réagir en Flandre !

"C'est dommage que le ministre-président, à l'occasion de la Fête flamande, envoie au monde une commentaire sur le crachat, au lieu de parler de la Flandre en tant qu'entité fédérée sûre d'elle-même", a affirmé dimanche le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V) en réaction à une interview de Geert Bourgeois sur VTM. Parlant des tensions communautaires qui selon lui ne s'apaisent pas, M. Bourgeois a notamment affirmé que "la frontière linguistique est devenue une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela".

"Un ministre-président (qui parle) de cracher sur l'autre, lors de notre fête flamande. Où est la conscience flamande respectueuse? #pasenmonnom #respect", a twitté M. Bothuyne.

Interrogé par Belga, le député CD&V s'est demandé pourquoi Geert Bourgeois n'avait rien dit d'une Flandre vue comme une entité fédérée solide et affirmée en Belgique.

"La Flandre a reçu des compétences qui permettent de donner des perspectives aux Flamands. Pourquoi donc devrait-il être question de cracher sur l'autre? Et même s'il fallait demander de nouvelles compétences, la dernière chose à faire est de cracher sur ceux avec qui l'on doit dialoguer".

A ses yeux, "ce n'est pas là le registre de langage que l'on attend d'un ministre-président, cela fait plutôt penser à celui de Donald Trump ou de Nigel Farage".


"Au CD&V, on ne crache pas sur les gens", dit la ministre Hilde Crevits

Le vice-présidente CD&V du gouvernement flamand, Hilde Crevits, s'est distanciée dimanche des propos de son chef de gouvernement Geert Bourgeois (N-VA), affirmant qu'il les a tenus en son nom propre et non en celui de l'exécutif.

"Au CD&V, nous ne crachons pas sur les gens, même si nous ne sommes pas d'accord avec certains choix qui ont été faits de l'autre côté de la frontière linguistique", a-t-elle déclaré. Elle a dit en revanche partager certaines des préoccupations de Geert Bourgeois, par exemple sur les quotas de numéros Inami pour les médecins.


Bourgeois tombe dans le nationalisme de l'injure

Les écologistes flamands de Groen ont dénoncé à leur tour dimanche les propos du ministre-président flamand Geert Bourgeois, tenus sur VTM.

Le chef de groupe Groen au parlement flamand, Björn Rzoska, a jugé sur Twitter que M. Bourgeois tombait dans le "nationalisme de l'injure" lorsqu'il a parlé de Flamands crachant sur les grèves qui ont touché davantage le sud du pays ces derniers mois. "Le 'nous-eux' est de retour", a-t-il ajouté. La présidente des Verts flamands, Meyrem Almaci, a quant à elle jugé ces propos "simplement grossiers, polarisants" et relevant d'un ministre-président "indigne", qui ne cherche qu'à "détourner l'attention de sa propre politique catastrophique".