Belgique

Certains éléments contenus dans le "code de conduite" revu de Bpost sont en conflit avec la Constitution, déclare le professeur en droit des médias Dirk Voorhoof dans l'hebdomadaire Knack. 

Ce code renforce les règles auxquelles les employés doivent se tenir dans le cadre de débats publics (conférences, forums online, médias sociaux ou blogs). Selon Knack, en vertu de ce code revu, un facteur a tout intérêt à réfléchir deux fois plutôt qu'une avant de se plaindre de sa charge de travail grandissante. Le code stipule sans la moindre équivoque que la critique de front ne sera plus tolérée.

Un collaborateur Bpost qui veut prendre part à des "débats publics" devra pour ce faire obtenir l'autorisation de sa hiérarchie. D'après Knack, le code dit en substance à ce sujet: "Abstenez-vous (...) de propos déloyaux ou dénigrants à propos de Bpost".

Le nouveau code de conduite ne respecte pas non plus le droit du travail, affirme le professeur Patrick Humblet (UGent). "La liberté d'expression est la règle. L'employeur ne peut qu'exceptionnellement imposer certaines limites, basées sur la législation existante", dit-il dans Knack.

Bpost assure cependant que rien n'a été modifié. "Le code de conduite n'est pas neuf, il a seulement été étoffé", dit la porte-parole Barbara Van Speybroeck à Knack. Bpost "attache énormément d'importance aux libertés individuelles de ses employés. Ils sont totalement libres de s'exprimer de façon critique par rapport à l'entreprise et ont, à cet égard, une série de forums internes et de procédures à disposition".

Madame Van Speybroeck affirme également que "les partenaires sociaux ont été impliqués étroitement dans l'élaboration du texte qui a été finalisé et validé".

Le fait que les employés ne puissent pas se répandre de façon dénigrante à propos de l'entreprise sur des forums publics "a toujours fait partie du code de conduite, est en ligne avec le code de conduite d'autres entreprises et est charpenté légalement", selon Bpost.