La Commission européenne compte donner en juin son avis sur l'obtention par l'Ukraine du statut de candidat à l'UE, ce qui ouvrirait la voie à un long processus de négociations qui devra être approuvé par l'ensemble des 27, a annoncé lundi Ursula von der Leyen.

"Nous attendons avec impatience de recevoir les réponses (de l'Ukraine) au questionnaire d'adhésion à l'UE. La Commission européenne de l'UE a l'intention de rendre son opinion en juin", a tweeté la présidente de la Commission.


Ursula von der Leyen soutient une modification des traités de l'UE "si nécessaire"

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est prononcée lundi pour une modification des traités de l'UE "si nécessaire" et l'abandon du vote à l'unanimité des 27 pays membres dans des domaines clés, dans un discours à Strasbourg.

"J'ai toujours soutenu que le vote à l'unanimité dans certains domaines clés n'a tout simplement plus de sens", a déclaré Mme von der Leyen au Parlement européen. Elle s'est dite prête à réformer l'UE, y compris "en changeant les traités si nécessaire".

La présidente de l'exécutif européen s'exprimait lors de la cérémonie de clôture de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, une vaste consultation citoyenne à l'échelle de l'UE.

"L'Europe devrait jouer un rôle plus important, par exemple dans le domaine de la santé ou de la défense. Et nous devons améliorer en permanence le fonctionnement de notre démocratie", a déclaré Ursula von der Leyen. "Je serai toujours du côté de ceux qui veulent réformer l'UE pour qu'elle fonctionne mieux", a-t-elle ajouté.

Le Parlement européen avait appelé la semaine dernière au démarrage d'une procédure de changement des traités européens.

Une étape risquée mais nécessaire pour certaines des propositions, comme, par exemple, donner un droit d'initiative au Parlement ou élargir les compétences de Bruxelles en matière de défense ou de santé.

L'unanimité des Etats membres, nécessaire sur un certain nombre de sujets, la fiscalité notamment, et source fréquente de blocages, comme le montrent actuellement les discussions difficiles sur un embargo du pétrole russe, est également remise en cause.

L'idée d'un changement des traités suscite toutefois l'hostilité d'une partie des Vingt-Sept. Dix pays de l'UE, dont le Danemark, la Suède, la Finlande et la Bulgarie, ont fustigé lundi les "tentatives inconsidérées et prématurées" de lancer une telle procédure.

Née d'une idée du président français Emmanuel Macron, la Conférence sur l'avenir de l'Europe avait débuté il y a un an.

Au final, à travers un vaste processus de panels et de groupes de travail thématiques, associant 800 citoyens, des élus, des représentants divers de la société civile, quelque 325 mesures déclinant 49 propositions ont été approuvées le 30 avril.

"Votre message a été reçu", a lancé Mme von der Leyen aux participants. "Il y a déjà beaucoup de choses que nous pouvons faire sans attendre", a-t-elle estimé, en promettant de nouvelles propositions dans son discours sur l'état de l'Union le 3 septembre.

L'UE a lancé le 7 mars la procédure d'examen des demandes d'adhésion déposées par l'Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé le 18 avril l'espoir d'obtenir pour son pays ce statut de candidat "dans les semaines à venir". Il avait remercié Bruxelles de sa rapidité, notant qu'habituellement, l'obtention du statut de candidat à l'UE "prend des années".

M. Zelensky avait alors transmis à l'ambassadeur de l'UE en Ukraine, Matti Maasikas, deux volumineux dossiers constituant la demande d'entrée dans l'UE.

La Roumanie, qui a intégré l'UE en 2007, avait présenté sa candidature le 22 juin 1995 et l'avis de la Commission avait été rendu le 15 juillet 1997.

Une fois l'avis de la Commission exprimé, commencent des discussions entre le pays candidat et l'exécutif européen, avant l'ouverture de négociations officielles d'adhésion qui nécessitent un accord à l'unanimité des Vingt-Sept.

L'intégration à l'UE est un processus au long cours pour rapprocher la législation du pays candidat du droit européen. Il nécessite des négociations complexes sur de nombreux sujets et des critères difficiles à respecter pour un pays en guerre comme la stabilité politique et une économie de marché viable.

Lors d'un sommet en mars à Versailles, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE avaient exclu toute adhésion rapide de l'Ukraine à l'UE, tout en ouvrant la porte à des liens plus étroits.

Cinq pays sont actuellement officiellement candidats à l'UE, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie, l'Albanie et la Turquie.