Belgique

Étude de quatre options pour abandonner toute électricité d’origine nucléaire à Bruxelles

BRUXELLES Conspuée qu’elle est en ce moment, l’énergie nucléaire. Ses dangers, son manque de sécurité sont pointés du doigt. Pourtant, impossible de s’en passer, estiment des spécialistes. À l’heure actuelle, on estime entre 55 et 60 % la part de l’électricité produite via de l’énergie nucléaire. Dur de l’éviter. Nous avons fait le calcul pour voir ce qu’il faudrait pour compenser la perte du nucléaire pour fournir en électricité Bruxelles.

D’après nos calculs, notre capitale consomme en moyenne environ 700 mégawatts (MW) tout au long de l’année. Soit 700 millions de watts. Son pic de l’année 2009, atteint le 7 janvier, s’éleva à 957 MW, nous révèle Sibelga, le distributeur d’électricité majeur de Bruxelles. Ainsi, avec 1.000 MW, il devrait être possible à tout moment de fournir Bruxelles.

“C’est l’équivalent de la puissance d’un réacteur nucléaire ”, nous apprend Philippe Massart, de chez Sibelga. Ce dernier émet toutefois une réserve : “De gros clients industriels ne passent pas par nos services pour s’alimenter en électricité.” Avec 1.000 MW, on serait donc en dessous de la réalité.

Néanmoins, cette puissance alimente les 19 communes de la capitale, tout compris, “même les éclairages publics” . Et si l’on se passait de nucléaire, ce seraient deux centrales au gaz qu’il faudrait. On évalue leur puissance à environ 514 MW.

Pas de gaz ? Optons pour l’eau alors. Avec 2,5 barrages hydrauliques (360 MW de puissance chacun), on pourrait compenser. En se laissant tenter par le vent, ce sont 200 grosses éoliennes qu’il faudrait planter dans le paysage.

À moins qu’on ne laisse le soleil nous chauffer, été comme hiver, dehors comme dedans. En installant 660 hectares de panneaux solaires, on parviendrait à cette puissance nécessaire de 1.000 MW.

Pour fournir de l’électricité à l’ensemble du pays, c’est une autre paire de manches. “À l’instant (hier, à 16 h 30), la consommation nationale instantanée est de 11.000 MW” , nous dit Elia, qui gère le transport de l’électricité en Belgique.



© La Dernière Heure 2011