"Cette semaine, le gouvernement fédéral se réunit dans le cadre du conclave budgétaire. Durant celui-ci, le plan POP sera au cœur des discussions. Le personnel sera-t-il à nouveau une variable d'ajustement budgétaire?", a indiqué le secrétaire permanent de la Centrale générale des Services publics (SGSP) Défense, Tony Bargibant, dans un communiqué publié mardi.

"Les promesses politiques du passé seront-elles enfin tenues", se demande encore le syndicat socialiste, en faisant référence à un "accord historique" conclu en mars dernier avec la ministre.

"Les militaires pourront-ils compter sur l'appui du gouvernement pour l'amélioration salariale" promise, alors que "chaque jour, des centaines de militaires donnent le meilleur d'eux-mêmes afin de servir leur pays", a ajouté M. Bargibant.

Il a été rejoint par le président du Syndicat libre de la Fonction publique (SLFP-VSOA) Défense, Dimitry Modaert, qui a rappelé "la nécessité d'enfin recapitaliser dans le personnel des Forces armées". La dernière revalorisation remonte à 2003 (à l'époque du ministre de la Défense de l'époque, André Flahaut, lui aussi PS).

"Les excuses ne manquent jamais pour reculer ce dossier sensible: la menace terroriste, la pandémie Covid-19 voire même un gouvernement en affaires courantes et la création du nouveau gouvernement", en fonction depuis octobre 2020, a ajouté le président du syndicat libéral. Il a rappelé lundi que la revalorisation de l'attractivité du métier militaire figurait - plus ou moins explicitement - dans le programme des partis composant la majorité Vivaldi avant les élections fédérales de mai 2019.

M. Modaert cite notamment la résolution présentée par les députés Hugues Bayet et consorts (PS) relative à la politique des ressources humaines au sein de la Défense et adoptée en juillet 2020.

Mme Dedonder a pour sa part présenté en février dernier son plan "POP," dont certaines mesures avaient déjà été initiées par son prédécesseur, Philippe Goffin (MR) - mais qui n'ont pas encore été approuvées par l'ensemble du gouvernement De Croo.

Tant le SLPF que la CGSP soulignent que ce plan a été négocié avec les organisations syndicales et que les budgets pour sa mise en place sont déjà prévus au sein de la Défense.

"Seules les conséquences positives pour le personnel pensionné doivent être prises en charge comme dans tout autre secteur", a relativisé M. Modaert.

Le plan "POP" de Mme Dedonder, qui devrait faire l'objet de négociations entre les partis de la Vivaldi lors du conclave budgétaire, vise notamment à aligner d'ici 2024 les salaires des militaires, toutes catégories confondues, sur ceux en vigueur au sein de la police, avec un début d'exécution en 2022. Le budget fédéral doit être approuvé par le gouvernement au cours des prochains jours.

La ministre souhaite aussi accorder des chèques-repas au personnel de la Défense, revaloriser les allocations pour la participation aux opérations ou le service intensif durant les exercices, octroyer une prime à l'embauche pour les métiers en pénurie et offrir 75 euros nets de plus par mois aux instructeurs - essentiels pour encadrer les quelque 10.000 recrues que la Défense souhaite engager au cours de cette législature (2019-2024).