Ce dimanche, les Français de Belgique ont également l'occasion de voter sur notre territoire. Au total, 84 bureaux sont installés dans 11 villes du pays.

Au Palais 1 du Heysel, ce sont 45 bureaux de vote qui ont été mis en place afin d'accueillir les Français, très présents dans la capitale.

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Ce dimanche midi, les urnes sont d'ailleurs prises d'assaut. Deux files s'étalent sur quelques centaines de mètres aux abords du Palais des expositions. La queue se poursuit à l'intérieur du bâtiment.

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Les transports en commun, notamment les arrêts du tram 7 et du métro 6 sont pris d'assaut, d'autant plus que le Salon "Made in Asia" est également organisé tout ce week-end à Brussels Expo, qui attire chaque année les foules.

Sur le ring en direction du Heysel, la circulation était même complètement à l'arrêt et de nombreuses files d'attente s'étaient créés pour rejoindre les bureaux de vote, a confirmé à l'agence de presse Belga la porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale/Ixelles, Ilse Van de keere.

"La police est sur place pour essayer de fluidifier la circulation mais il y a beaucoup de monde donc c'est compliqué", a-t-elle encore souligné.

L'ensemble semble bien organisé, mais le temps d'attente total s'élève tout de même à environ une heure. "Pour les personnes travaillant ou ne disposant pas de plusieurs heures, il est pratiquement impossible de voter", a pour sa part déploré auprès de Belga l'auteur et photographe français Philippe Graton.

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Certains électeurs français ne s'attendaient d'ailleurs pas à voir autant de monde. Un couple de retraités, résidant à Bruxelles depuis les années 70, témoigne: "C'est la première fois que je vois autant de monde, c'est impressionnant", s'étonne l'homme, qui a pourtant vécu plusieurs élections présidentielles françaises en Belgique.

"Tout se déroule bien malgré quelques plaignants qui n'ont pas pu s'inscrire à temps et donc ne peuvent pas voter", précise Dominique Lefay, consule générale adjointe de France à Bruxelles.

"Je suis quand même là, par devoir"

Parmi la foule, certains électeurs mécontents et indécis ont tout de même fait le déplacement. "Je ne retiens pas grand chose de positif dans cette campagne. Je suis assez désabusé mais je suis quand même là, par devoir", explique un homme d'une quarantaine d'années. "J'ai l'impression qu'il y a plus de monde qu'en 2017", précise-t-il encore.

Un trentenaire, résidant à Bruxelles depuis 13 ans, enchaîne: "Je m'étais juré de ne plus voter, mais face à l'urgence sociale qu'il y a en France, je change d'avis". L'homme veut éviter un second tour Macron - Le Pen. "Je voudrais essayer de contrer le scénario du deuxième tour que montrent les sondages, mais aucun candidat n'est totalement à mon goût", déplore-t-il. "Je suis là pour éviter d'avoir mauvaise conscience".

Le trentenaire avoue qu'il aimerait voir un système politique plus proportionnel et moins présidentiel, un peu à l'image de la Belgique, afin de voter "pour des équipes et non pour des personnes".

"Je ne comprends pas comment on ne peut pas aller voter, c'est favoriser les extrêmes", explique pour sa part le couple de retraités, interrogé plus tôt.

Un autre électeur, qui habite la capitale depuis 2008, regrette pour sa part "la campagne inexistante" des derniers mois. Le Français avoue enfin avoir pris la nationalité Belge en guise de sécurité, "au cas où on aurait une présidente anti-europe".