La ministre de l'Education Caroline Désir était l'invitée de La Première ce jeudi matin. Il était évidemment question du retour dans les écoles de tous les élèves de maternelle (le 2 juin) et de primaire (le 8 juin).

La ministre a expliqué les raisons d'une telle décision: "La situation sanitaire a évolué positivement et, malgré les premières mesures de déconfinement, le nombre de cas de coronavirus n'est pas en hausse et les chiffres sont encourageants. Il s'agit aussi de répondre à l'appel des pédiatres, pour qui il était important - d'un point de vue psychologique - que les enfants retrouvent leur classe. Mais tout cela a été bien sûr fait en concertation et sur l'avis des experts".

Mais que répondre aux personnels des écoles qui disent qu'on change tout le temps les règles et qui ont l'impression que tout ce qu'ils ont mis en place les dernières semaines n'aura servi à rien? A cette question, Caroline Désir affirme: "On ne jette pas tous les efforts qui ont déjà été faits par les écoles à la poubelle. Au niveau des élèves, il est vrai qu'on fait preuve de plus de largesse et on abandonne par exemple la règle des 4m². Mais on doit toujours protéger les adultes et, pour eux, on doit maintenir les règles de distanciation. Ce qui a déjà été fait par les écoles. Je pense en particulier à l'apprentissage des gestes barrières par les enfants, qui sera important dans l'avenir."

Et la ministre de rappeler que la stratégie du déconfinement a toujours été progressive et que ce qui avait été décidé pour le retour initial dans les écoles (le 18 mai) relevait de mesures discutées fin avril et début mai. Pour Caroline Désir, la situation a depuis lors évolué. "Ce n'est pas un revirement de la part des autorités mais plutôt un assouplissement des règles en fonction des chiffres sanitaires mais aussi de la réalité du terrain. Beaucoup d'instituteurs ont par exemple affirmé qu'il était trop compliqué de respecter certaines mesures."

Toutes les écoles vont-elles pour autant rouvrir à tous? Selon la circulaire qui a été envoyée ce jeudi matin à tous les établissements scolaires (la ministre le confirme), "les pouvoirs organisateurs, sur base de leurs réalités locales et contraintes propres, pourront choisir de différer ou adapter cette nouvelle étape de reprise des leçons." Caroline Désir est revenue sur ce point. "On va en effet gérer cela avec souplesse et en coordination avec les pouvoirs organisateurs. Normalement, chaque école a déjà fait rentrer des classes 1e, 2e et 6e primaires. Maintenant, on les invite à accueillir tous les élèves. Ce n'est pas une obligation. Si ça n'est pas possible, ce n'est pas possible. Mais on les encourage vivement, toutefois. Parce que c'est une façon pour les écoles de terminer l'année, pour les élèves de reprendre la route de l'école avant la rentrée de septembre, une façon de se dire au revoir, de clôturer l'année."

En fonction de chaque cas, les établissements ne doivent pas mettre leur personnel en danger ni se sentir obligés de reprendre s'il manque la moitié des effectifs dans une équipe enseignante, "mais ce ne sont pas pour l'instant les signaux que j'ai", assure la ministre.

Quid du secondaire?

En ce qui concerne le secondaire, la circulaire était assez floue. La ministre s'est expliquée ce jeudi: "Si les experts ont considéré les 0-12 ans comme peu contagieux, d'où ce retour massif que l'on incite dans les écoles, il en va tout autrement des adolescents qui sont, eux, à rapprocher d'un groupe adulte. On sait que les rhétos et élèves de 7e année du secondaire sont déjà rentrés, les élèves de 2e année et ceux en difficulté également. Mais nous n'allons pas changer cela car c'est trop complexe pour le moment."

Les élèves peuvent-ils être sanctionnés si les parents refusent de les mettre à l'école?

Invitée également sur Bel RTL, Caroline Désir a été interrogée sur la possibilité de sanctions si un élève ne retournait pas à l'école. Sur ce point, la ministre est claire: "Nous n’allons pas sanctionner les enfants si certains parents ont peur et ne les mettent pas à l’école (pas de sanction au niveau des allocations familiales non plus). Et on va tenir compte des capacités organisationnelles des écoles et de leurs pouvoirs organisateurs à qui on a demandé énormément ces dernières semaines. Une réalité locale n’est pas l’autre, et on va continuer à travailler avec eux dans les prochains jours."