Belgique

Ce mardi 8 janvier, les patrons des entreprises du Bel 20, l'indice principal de la Bourse de Bruxelles, ont déjà gagné l'équivalent du salaire annuel médian des travailleurs belges, annonce la CNE, le syndicat chrétien, qualifiant ce jour de "CEO jackpot day". 

D'après la CNE, avec un salaire annuel médian brut de 1.975.000 euros en 2017, les CEO du Bel 20 (AB InBev, Elia, Colruyt...) auront vu leur rémunération annuelle progresser de 22,7% sur trois ans, mais baisser de 5% sur la dernière année.

Ils gagnent actuellement 7.596 euros par jour travaillé. "Sachant que le salaire annuel médian des travailleurs belges en 2017 est de 43.082 euros (salaire estimé sur base des statistiques disponibles), les CEO du Bel 20 gagnent le salaire annuel médian des travailleurs belges en 5,67 jours de travail en 2017 (contre 5,33 jours en 2016 et 6,79 jours en 2015). Sur base du calendrier 2019, c'est donc ce 8 janvier que les CEO du Bel 20 auront gagné l'équivalent d'un an de salaire du travailleur belge médian. Un CEO gagne 46 fois le salaire médian", détaille Nabil Sheikh Hassan, économiste au service d'études de la CNE.

Tout comme les gilets jaunes, le syndicat s'inquiète de l'évolution salariale. "Lorsque l'on regarde l'évolution des rémunérations réelles (c'est-à-dire en enlevant l'inflation), la rémunération par travailleur a évolué de 9,1% en Belgique entre 1996 et 2018, contre 4,9% en Allemagne, 17,3% en France et 18,1% aux Pays-Bas. Nos salaires évoluent très peu au-delà du coût de la vie, contrairement aux Pays-Bas et à la France."

Et les trois dernières années sont des années records de baisse. "Les travailleurs belges ont des raisons d'être frustrés actuellement. La Belgique a connu 10 années de baisse des rémunérations réelles depuis 1996 dont quatre depuis la mise en place du gouvernement Michel (2015 à 2018, aujourd'hui en affaires courantes ndlr). Le salaire a baissé depuis la mise en place de ce gouvernement de 2,5%, ce qui est la plus importante perte de pouvoir d'achat depuis 1996" .

Le syndicat dénonce enfin le tax shift mis en place par le gouvernement mais contrebalancé par un saut d'index et une fiscalité sur la consommation plus élevée. "Les baisses de cotisations sociales patronales ont des conséquences sur la qualité des services publics et l'ampleur d'une sécurité sociale de plus en plus financée par les citoyens eux-mêmes. L'accord interprofessionnel doit être l'occasion d'un rattrapage des rémunérations réelles brutes", prévient la CNE.