Il y a déjà la fatigue liée à cette crise sanitaire mais aussi sociétale : porter un masque toute la journée auprès des clients, rappeler les gestes barrières, prier d’attendre dehors quand il y a du monde… Mais le plus grand problème semble être "le constant manque de clarté sur les mesures et, surtout, le manque de perspectives", explique Christine Mattheeuws, la présidente du Syndicat neutre des indépendants. Et si le CNS d’aujourd’hui est attendu, c’est en espérant une clarté que les travailleurs du secteur ne voient pas venir, les mois passant. Jusqu’à 72 % des indépendants trouvent certaines règles logiques ou confuses, selon une enquête menée par le SNI auprès de ses membres. Exemples ? Pourquoi la bulle familiale est-elle limitée à 5 et la bulle client à 2 ? Pourquoi les mariages ne sont-ils autorisés qu’avec 10 personnes et les enterrements, 50 ? Pourquoi des règles différentes selon les communes, et cela bien souvent en dehors de chiffres objectifs ? "Et comment pouvez-vous convaincre vos clients et votre personnel s’ils considèrent eux-mêmes les règles comme illogiques ?", se demande Mme Matthews.

Mais la démotivation de beaucoup prend ses racines dans l’absence de perspectives. Sans vision à moyen terme, difficile d’avoir une vision d’avenir : "Beaucoup d’entrepreneurs doivent passer des commandes à leurs fournisseurs ou conclure des contrats… Comment pouvez-vous faire tout cela si vous n’avez aucune idée de ce que vous serez autorisé à faire ou non ?"

Deux tiers des entrepreneurs sont favorables à un modèle avec différentes phases et mesures en fonction du degré d’infection comme en Irlande notamment. Une méthode qui permettrait de rassurer les troupes : un entrepreneur sur six a peur de devoir déposer le bilan parce qu’il ne voit pas d’amélioration.