Mais l’optimisme n’est pas de mise. "J’adorerais ouvrir coûte que coûte le 1er mai, mais je ne vais pas me mettre en danger car je pense que les conséquences seraient pires qu’une fermeture prolongée, souffle la cheffe étoilée Isabelle Arpin. Je ne veux pas prendre le risque d’une énorme amende, pour moi comme pour mon équipe. Mais on a beaucoup d’attente en ce qui concerne le mois de mai. Ouvrir le 1er mai serait génial mais, honnêtement, je n’y crois pas."

Mais si elle est pessimiste, elle espère tout de même voir un nouveau protocole présenté par le Codeco. "Il faut trouver une solution plus efficace que des fermetures successives. Il y a des solutions parallèles qui existent et qui ne sont pas exploitées. On a les moyens de mettre de nouvelles choses en place, assure-t-elle. Les tests rapides sont par exemple une clé pour pouvoir ouvrir. Et rouvrir les terrasses ? Je vais être égoïste car je n’en ai pas. Mais de toute façon, c’est bien quand il fait beau. Rappeler tout le personnel pour un jour de beau temps, c’est risqué comme stratégie. Cela paraît bien sur le papier, mais cela a ses limites en Belgique. On n’aura pas forcément un printemps comme celui de l’année passée !"

© GUILLAUME JC

De son côté, Éric Dieu (qui chapeaute un collectif qui a déjà mené plusieurs actions sur le terrain, NdlR) est plus vindicatif. "Il y aura clairement un passage en force s’il n’y a pas de bonne nouvelle à l’issue du Codeco, lance-t-il. On le sent de plus en plus fort depuis que gouverneurs et bourgmestres s’allient à notre cause. Je peux vous assurer qu’il y aura des ouvertures le 1er mai, même si c’est interdit. À titre personnel, je travaille pour un brasseur et je lui ai dit qu’il devait se préparer à de grosses commandes à partir de la semaine prochaine. En ce qui concerne l’ouverture des terrasses, ce serait une demi bonne nouvelle mais ce serait surtout ingérable si une averse tombait. J’ai l’impression que les restaurateurs ne croient plus aux promesses. On repousse à chaque fois l’échéance et beaucoup ont peur que ce soit la même chose avec les terrasses. Qu’on nous dise que cela va durer deux semaines et puis que cela soit prolongé, avec des restaurants qui ne peuvent pas ouvrir."