L’ASBL Infor Jeunes Laeken constate "un boom des exclusions scolaires".

"Depuis janvier, nous constatons un boom des exclusions scolaires définitives , alerte Chantal Massaer, directrice de l’ASBL Infor Jeunes Laeken. Quasi tous les jours, nous avons une situation d’exclusion qui arrive chez nous. Nous n’avons jamais eu ça dans de telles proportions ! Cela se caractérise pour certains jeunes par le fait que l’obligation scolaire n’est pas du tout respectée."

Elle cite le cas de Nabil (prénom d’emprunt), 14 ans. "Il a été exclu pour des faits de violence plus ou moins avérés, rapporte-t-elle. Ce qui pose problème, c’est qu’il est exclu depuis le 20 février et n’est toujours pas réinscrit dans un autre établissement."

Or, "ce n’est pas faute d’avoir entamé des démarches, souligne-t-elle. Mais son papa a reçu quatre attestations de demande d’inscription dans lesquelles les écoles invoquent un manque de places". La législation prévoit, en effet, que le chef d’établissement qui ne peut inscrire un élève qui en fait la demande doit lui remettre une attestation qui reprend les motifs du refus.

De même , toute école qui exclut un élève est tenue de l’aider à se réinscrire dans un autre établissement. " Souvent, dans le meilleur des cas, l’école se contente de fournir une liste d’autres écoles situées dans le même réseau. Ou alors, elle renvoie la patate chaude au CPMS ou à la Commission zonale d’inscription", nuance Eric Bruggeman, juriste à Infor Jeunes.

"Quand un élève est exclu, si ses parents ne retrouvent pas facilement, dans les deux-trois jours, une école, explique Jacques Vandermest, directeur du Service du contrôle de l’obligation scolaire, l’établissement qui l’a exclu retransmet le dossier à la Commission zonale d’inscription de son réseau, qui est alors chargée de retrouver une école." Une procédure qui peut prendre plusieurs jours. " Mais cela peut aller jusqu’à un mois et demi, deux mois", estime Mme Massaer.

Son collègue , M. Bruggeman, tire la sonnette d’alarme : "Trop d’élèves se retrouvent dans la nature après leur exclusion." En cause ? "Nous constatons que, de plus en plus, des écoles ne veulent pas reprendre un élève mineur parce qu’il a été exclu, ce qui n’est pas le prescrit légal."