Dans la nuit de ces mardi 9 et mercredi 10 février, une organisation, qui se revendique des "Gilets jaunes", a entrepris une action de sensibilisation sur les problématiques soulevées par la 5G.

Cette action a eu lieu dans une dizaine de villes à travers toute la Belgique: Gand, Tournai, Mons, Bruxelles, Wavre, Louvain-la-Neuve, Perwez, Corbais, Gembloux, Namur, Bouge, Arlon, Libramont, Wanlin, Wavre...

Cette action décentralisée a consisté à placarder des centaines d'affiches dénonçant la 5G sur des dizaines de téléboutiques de Proximus et une téléboutique Orange.

"Qui dans ce pays a décidé dans l'ombre ce qui serait bien pour le 'bon peuple'? A quel étage de la démocratie y a-t-il eu débat sur l'impérieux besoin de développer le 5G ?", nous commentent notamment les organisateurs.

"Cette course en avant technologique est le symptôme d'une société qui ne parvient toujours pas à remettre en cause ce dogme de la sacro-sainte croissance. Non, nous n'avons pas besoin de la 5G. Rien qu'au niveau sanitaire, aucun principe de précaution n'a été adopté. Au niveau environnemental, il est clairement établi que les ondes électromagnétiques ont un impact sur l'avifaune. "

Les organisateurs appellent tous les citoyens à rejoindre la manifestation contre le déploiement de la 5G le 20 mars à 14h à Bruxelles.

Une renaissance, deux après une première action coup de poing

C’était il y a un peu plus de deux ans...

Le vendredi 16 novembre 2018, des activistes s’attaquent à cinq raffineries/dépôts, symboles de l’exorbitance du coût de la vie. Les "Gilets jaunes" belges étaient nés. Ils visaient ainsi le blocage d’une partie du pays. Cette action coup de poing s’avérera être un mouvement de plusieurs mois rythmés par des blocages opiniâtres et, parfois, par des débordements.

Depuis, les militants ont semblé faire profil bas en matière d’opérations spectaculaires d’envergure. Ils restent toutefois ultra-actifs sur les réseaux sociaux et se mélangent à la population lors des diverses manifestations antigouvernementales.

Profil bas… jusqu’à cette nuit de mardi à mercredi et ces sorties coup de poing, nocturnes, opérées à l’échelon wallon. Une action avalisée par tous les Gilets jaunes de Belgique ? Disons que c’est plus complexe que ça… "Pour cette action, les GJ du Luxembourg, de Namur, de Gembloux, ou encore de Perwez étaient sur le coup", nous explique un des organisateurs. "Une trentaine de personnes étaient en action."

En novembre 2018 déjà, et surtout dans les mois qui suivaient, le mouvement semblait brouillon, tant il n’était pas chapeauté par une structure et des porte-parole uniques, légitimés par tous les Gilets jaunes. Au fil du temps, des guerres d’ego ont éclaté. Dans plusieurs fiefs régionaux, des activistes ont voulu prendre le leadership. Au final, le mouvement semblait relever plus de l’addition de groupes locaux que d’un ensemble cohérent. "C’est toujours le cas et c’est bien ainsi", réagit notre interlocuteur. " Ici, nous nous sommes attaqués à la 5G parce qu’en participant à des manifestations, nous avons pu discuter avec des militants et intégrer le fait que les enjeux écologiques sont aussi des enjeux sociaux. Dans les deux cas, tout est dirigé par et pour l’argent. Par contre, à Charleroi par exemple, les Gilets jaunes, qui s’appellent dorénavant les Hérissés, militent plus pour le référendum d’initiative citoyenne. En fait, être dirigé par une structure unique ou des leaders charismatiques, ce ne serait pas sain. Quand il y a des chefs, il suffit de neutraliser les chefs. En outre, un mouvement unifié devrait passer par un consensus le plus petit dénominateur commun. Disons qu’à mes yeux, ce qui est commun à tous les groupes locaux, c’est ce constat de la crise de la représentation des citoyens qui ne se reconnaissent plus dans leurs représentants politiques. Ils ont été élus sur base de promesses qu’ils ne tiennent ensuite pas. On ne nous a écoutés qu’avant les élections. "

Il y a deux ans, le blocage des routes et des raffineries était illégal. Illégale, l’opération anti-5G l’était tout autant. Du reste, Proximus annonce qu’elle déposera plainte pour vandalisme. En outre, en plusieurs endroits, l’affichage sauvage débordait allègrement sur le couvre-feu. " Nous savons que dans certaines villes, la police ne patrouille pas avant 23 h. Et puis, il y a toujours moyen de passer entre les gouttes. En période de privations de libertés qui sortent de l’État de droit et de répression, il ne peut tout même pas y avoir un policier à chaque coin de rue. À travers ce type d’action, nous voulons attirer l’attention sur une problématique pour inciter les citoyens à se réapproprier la politique et le pouvoir. Nous visons un sursaut collectif. Ici, pour la 5G, nous nous demandons qui dans ce pays a décidé dans l’ombre ce qui serait bien pour le ‘bon peuple’. À quel étage de la démocratie y a-t-il eu débat sur l’impérieux besoin de développer la 5G ? Cette course en avant technologique est le symptôme d’une société qui ne parvient toujours pas à remettre en cause ce dogme de la sacro-sainte croissance. Non, nous n’avons pas besoin de la 5G. Et nous craignons les effets nocifs sur la santé et l’environnement."

Notre interlocuteur n’est par contre pas trop fan de la présence de Gilets jaunes lors de manifestations interdites, dont certaines finissent en émeutes. La police les arrête et puis quoi ? Certains rêvent d’un Grand Soir. Les émeutes, la police sait comment les gérer. Il faut être plus intelligent que ça. "