Les francophones ont accueilli positivement le rapport des médiateurs

BRUXELLES "La structure de dialogue entamera des négociations sérieuses et crédibles devant aboutir à une réforme approfondie et équilibrée de l'État conduisant à un rééquilibrage du centre de gravité institutionnel, notamment en attribuant une autonomie, des compétences et des responsabilités accrues aux entités fédérées, sans remise en cause de la solidarité interpersonnelle." Cette phrase, à elle toute seule, et par sa complexité, semble réunir les aspirations de toutes les parties en ce qui concerne les futures négociations qui devraient aboutir à une 6e réforme de l'État. Raymond Langendries (CDH) confirmait : "Avoir un paragraphe où chacun peut avoir sa propre appréciation, oui c'est possible..."

Il a, en compagnie de ses deux comparses François-Xavier de Donnea (MR) et Karl-Heinz Lambertz (PS), présenté hier en début d'après-midi le rapport qu'ils ont remis au Roi un peu plus tôt dans la matinée. Ce rapport, assez court, contient cinq points sur lesquels "un consensus peut se dégager" , a expliqué le médiateur libéral, et deux autres sur lesquels "il serait important que se dégage un consensus" , a-t-il ajouté.

Le premier point définit la négociation. Le deuxième confirme qu'on partira d'une "page blanche" , "sans tabou préalable" , comme le martèle François-Xavier de Donnea. Le troisième précise que des accords partiels pourront être trouvés avant les élections régionales de juin 2009 et votés après. Le quatrième rappelle que c'est une structure à douze qui négociera la réforme. Et le dernier, lui, fixe la date de la première réunion avant la rentrée des Chambres fédérales, à savoir avant la mi-octobre.

Les deux points ajoutés par les médiateurs concernent la problématique de la potentielle circonscription fédérale unique et celle, plus épineuse, de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ils ont indiqué qu'"un autre cadre élargi de négociation devra, au moment approprié, être mis sur pied pour résoudre cette problématique".

Pour le président du PS Elio Di Rupo, les conditions au démarrage d'un dialogue institutionnel sérieux et serein sont réunies. Le CDH a, lui, confirmé "la position qui est la sienne depuis le début des discussions, il y a plus d'un an, à savoir à la fois sa disponibilité à négocier et à aboutir à une réforme de l'État équilibrée" . Chez Écolo, le son de cloche n'était pas différent : "Le texte devrait permettre aux futurs négociateurs de commencer à travailler" . Pour le MR, Didier Reynders a tenu à rappeler qu'il "faudra trouver une solution négociée sur tous les points" . Avec les réactions flamandes que l'on sait...



© La Dernière Heure 2008