La marine belgo-néerlandaise a détruit 849 engins explosifs depuis 2005

BRUXELLES Munitions, grenades ou autres mines datant des deux guerres. Entre 2005 et 2010, environ 160 engins explosifs par an ont été signalés par des pêcheurs en mer du Nord, devant les côtes belges et néerlandaises. Et près de 130 d’entre eux ont été détruits par les marines des deux pays.

“Actuellement, dix de ces engins se trouvent dans les eaux belges” et feront l’objet d’une intervention, raconte Marino De Meester, commandant de la Marine belge à Den Helder (aux Pays-Bas).

La chasse aux explosifs a commencé de manière intensive en mer du Nord en avril 2005, à la suite d’un tragique accident. Un bateau de pêche néerlandais avait remonté à son bord une mine qui avait explosé et tué trois marins.

Depuis, 1.035 mines (chiffres de juillet 2011) ont été signalées. Dont 849 détruites. Mais 175 n’ont jamais pu être retrouvées par les démineurs. “Il arrive en effet que la position d’un UXO (NdlR : un engin explosif) communiquée par un pêcheur soit trop imprécise pour que nous puissions le retrouver” , explique M. De Meester.

Ceci dit, pas de panique pour les amateurs de La Panne ou de Knokke. Selon le commandant, le risque de trouver un explosif sur la plage est “presque nul” . “Un UXO reste en général dans le fond de la mer en raison de son poids (100 à 500 kg). E t puis, l’ensablement des UXO’s se fait très rapidement en mer du Nord.”

En outre, ajoute-t-il, “seules 10 % des mines repérées le sont au large des côtes belges, contre 90 % pour les côtes néerlandaises” .

Notamment parce que notre littoral ne fait que 67 km de long, contre 451 km chez nos voisins… Ou parce que les navires chasseurs de mines belges effectuaient déjà de nombreux exercices devant nos côtes avant 2005.

Les explosifs réapparaissent à la surface lorsqu’ils sont pris dans des filets de pêche ou dans des installations de dragage. Depuis le drame de 2005, tous les explosifs sont signalés à l’état-major maritime belgo-néerlandais de Den Helder.

“Quand un UXO pose un danger pour la navigation, nous faisons appel à notre navire chasseur de mines de garde qui devra le retrouver et le détruire dans les 24 heures” , précise Marino De Meester. “À l’inverse, si la mine ne pose aucun danger, il est possible que nous attendions une ou deux semaines avant de la détruire parce que le chasseur de mines a d’autres tâches à accomplir.”



© La Dernière Heure 2011