Après les auditions mardi dernier de Laurent Ledoux, patron du SPF Mobilité, et de la ministre MR Jacqueline Galant, c'est au tour de Charles Michel, le Premier ministre, de passer à la moulinette des questions de la commission parlementaire qui suit le "Galantgate" à la Chambre des Représentants. Après les flèches envoyées depuis les bancs de l'opposition par le CDH, Ecolo, le PS, le PTB..., le Premier ministre s'est, à nouveau, expliqué sur les légèretés de sa ministre en charge de la Mobilité. Pour rappel, elle a désigné sans mise en concurrence un bureau d'avocats international, Clifford Chance, pour la conseiller dans les dossiers relatifs aux voies aériennes. Le Premier ministre avait une première fois défendu Jacqueline Galant à la Chambre en affirmant qu'elle avait agi de bonne foi et qu'elle avait été simplement imprudente dans la gestion de ce dossier. Mais désormais le dossier prend une tournure plus précise alors que les députés et la presse ont eu accès à de nombreuses nouvelles pièces du dossier (il en manque encore une partie, toujours pas communiquée par le cabinet Galant).

Les questions et critiques de l'opposition ont donc en effet fusé contre le chef du gouvernement fédéral. Notamment, le président du FDF, Olivier Maingain a demandé à Charles Michel s'il assumait la responsabilité à titre personnel des actes, clairement illégaux à ses yeux, de Jacqueline Galant : "L'irrégularité de ce marché est certaine, êtes-vous lié comme Premier ministre à la décision illégale de votre ministre ?". Du côté d'Ecolo, le député Benoît Hellings a donné son analyse du dossier : "Le Galantgate, c'etait pour cacher le projet de Vliegwet (la loi relative aux procédures pour le transport aérien, en préparation) aux riverains, aux Régions pour arriver à un projet inacceptable." Le député PTB Marco Van Hees a donné dans l'humour : "Quel est le montant de la facture que la N-VA a adressée à Charles Michel pour avoir soutenu Galant... ?"

Charles Michel a tenu à apporter des éclaircissements sur cette affaire.

"J'ai le sentiment et la conviction qu'il y a eu de la bonne foi dans le chef de la ministre dans l'ensemble des opérations qui ont eu lieu". Il reconnaît toutefois l'"imprudence" de Jacqueline Galant. "Je pense qu'il fallait consulter plusieurs cabinets d'avocats. l'imprudence porte sur la procédure qui n'a pas été régulière. Je pense qu'il aurait été plus prudent de demander trois offres".