Belgique

Le ministre Charles Michel (entr) ouvre les portes de sa vie privée

BRUXELLES Dans la famille Michel, vous avez Louis (le père), Charles (l’aîné) et Mathieu (le petit dernier). Leurs points communs : la politique et le MR. Le premier est député européen. Le deuxième, ministre de la Coopération au développement et bourgmestre empêché de Wavre et le troisième est député provincial en Brabant wallon.

Charles Michel, sincèrement, lors de vos soupers en famille, vous parlez parfois d’autre chose que de politique ?

“Bien sûr ! On parle de beaucoup d’autres choses, comme dans toutes les familles. D’ailleurs, la plupart du temps, on parle de tout sauf de politique. Par contre, ce qui est vrai, c’est que j’ai baigné depuis enfant dans une atmosphère de fièvre électorale.”

Vous faisiez déjà les marchés ?

“J’ai le souvenir d’avoir été présent dans les congrès du MR et dans les manifestations locales à Jodoigne. Quand j’avais 13 ou 14 ans, c’était vraiment mon plaisir : coller des affiches, distribuer des tracts, mettre des prospectus dans les boîtes aux lettres,…”

C’est pour cela que vous êtes entré en politique ?

“Je pense que la probabilité existe de voir un enfant exercer un métier en rapport avec l’environnement professionnel des parents. Depuis toujours, j’ai ce goût pour le débat d’idées. Mais je crois que le moteur de mon engagement, c’est l’injustice !”

C’est-à-dire ?

“J’ai eu un déclic qui a compté au moins autant que mon contexte familial. Je m’en souviens très précisément : je retrouve avocat (stagiaire) au barreau de Bruxelles et je suis confronté pour l’un de mes tout premiers dossiers à un jeune qui a exactement le même âge que moi. Il est d’origine maghrébine et a été attrapé pour des histoires de stupéfiants. Là, j’ai cette espèce de prise de conscience : si, moi, j’étais né dans une famille de huit enfants dont les parents parlent à peine français, sans possibilité de faire des études, du sport, des stages de langues,… je me serais peut-être retrouvé dans la même situation !”

Enfant, vous vouliez faire quoi ?

“Je me voyais avocat. Depuis mes 12 ans, je voulais être avocat. J’étais fasciné par l’image, un peu romantique, de ce métier. Celui qui plaide, qui défend, celui qui essaye de convaincre. Jusqu’à ma rhéto, à aucun moment je n’ai eu un doute sur le fait que je voulais m’inscrire en droit.”

Vous avez un petit garçon. Vous n’en parlez jamais…

“C’est un choix délibéré. Ma vie privée doit rester dans le champ personnel. Mon fils a cinq ans. Il doit avoir une vie la plus normale possible, la plus classique possible, à l’école ou ailleurs. C’est une forme de protection.”

Comment gérer une vie de père et de ministre-bourgmestre ?

“C’est une question d’organisation. Mais je mets un point d’honneur à libérer des moments qui sont consacrés à ma famille. Des moments exceptionnels pour moi : notamment quand je fais une partie à Mario Bros sur la console Wii avec mon fils, quand je lui apprends à rouler à vélo ou quand je joue au foot avec lui. Ou quand il me bat au tennis sur la Wii ! Ça a été mon premier traumatisme de père…”

Un rêve dans la vie ?

“J’en ai beaucoup. Mais mon premier rêve est que mon fils puisse réaliser tous les siens. Quand on devient papa, on bascule dans un autre schéma de pensées. J’ai compris ce que l’expression la prunelle de ses yeux veut dire…”



© La Dernière Heure 2010