Belgique

L'informateur royal Charles Michel a fait rapport au roi vendredi sur "l'avancement de sa mission visant à examiner les formules possibles en vue de former un gouvernement", a communiqué le Palais. "Sur proposition de l'informateur, le Roi l'a chargé de poursuivre ses travaux et de lui faire rapport le lundi 14 juillet 2014", a fait savoir le chef de l'Etat. Charles Michel a été désigné informateur vendredi dernier, le 27 juin, afin d'examiner les "formules possibles en vue de former un gouvernement", deux jours après que l'ex-informateur Bart De Wever eut rendu son tablier après avoir échoué dans sa tentative de jeter les bases d'une majorité de centre-droit. Durant une semaine, Charles Michel a consulté les partenaires sociaux, le Premier ministre sortant, les présidents des principaux partis politiques du pays et les représentants d'un certain nombre d'organes partenaires de l'autorité fédérale. Il a officiellement été surtout question de la situation socio-économique du pays et de la manière dont chacun envisageait de répondre aux différents enjeux. L'informateur a également testé avec les présidents de parti différentes formules de coalition possibles. M. Michel a aussi eu, durant la semaine écoulée, un certain nombre de contacts informels.

Le cdH avait enterré la perspective d'une coalition de centre-droit voulue par la N-VA et appuyée par le CD&V. Vendredi, l'économiste Etienne de Callataÿ, qui est passé, durant sa carrière, par des cabinets sociaux-chrétiens (l'ex-premier ministre Jean-Luc Dehaene, le ministre des Finances Jean-Jacques Viseur) a relativisé, dans Matin Première (RTBF) ce refus cdH. "Il faudra patienter un peu", a-t-il estimé. Selon l'économiste en chef et administrateur-délégué de la banque Degroof, "la note de Bart De Wever n'avait rien de scandaleux par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays". Le cdH a cependant répété régulièrement ces derniers jours que la piste d'une alliance avec la N-VA n'avait aucune chance d'aboutir, à la fois pour des raisons de confiance et de fond.

Toutes les autres pistes de coalition restent d'actualité, y compris celle voyant le MR intégrer le gouvernement comme seul partenaire francophone. Il est cependant difficile de savoir si cette piste vit réellement au Mouvement réformateur qui se refuse à tout commentaire depuis que l'informateur a débuté sa mission.

La situation reste complexe et le Palais, qui se voulait pressant au lendemain des élections, n'appelle plus à avancer selon un rythme rapide. Il n'enferme pas non plus l'informateur dans un calendrier. Il vient de donner dix jours supplémentaires à Charles Michel, invité à faire un nouveau rapport le 14 juillet, au lendemain de la finale d'une coupe du monde de football pour laquelle les Belges se passionnent avec un intérêt grandissant. Certains se mettent à rêver d'une participation belge à cette finale, une perspective qui réjouirait plus d'un stratège en communication dans les partis politiques traditionnels.

En attendant, le gouvernement actuel continue de gérer les affaires courantes. Il a organisé vendredi un Conseil des ministres électronique.