Charles Michel appelle à résoudre cette sortie anglaise sans compromis.

"Vous ne pouvez pas vouloir le beurre et l’argent du beurre" , prévient Charles Michel (MR) trois jours après le référendum sur le Brexit. Les Britanniques doivent comprendre qu’ils ne pourront pas essayer de revenir en arrière ou encore faire traîner cette affaire. "Acceptez votre choix, même s’il est dramatique."

Avant d’ajouter : "Je ne suis pas rancunier, mais nous devons rapidement faire sentir aux Britanniques qu’ils ont obtenu une victoire à la Pyrrhus. Cela exige un règlement rapide, qui ne soit pas dilué par toutes sortes de concessions. En février, nous avions cédé à la demande de M. Cameron pour des exceptions sur la politique des migrants et les services sociaux pour le Royaume-Uni. Mais maintenant avec le Brexit, ces accords sont bons pour la poubelle. Je ne veux pas avoir à payer la facture pour le Brexit. Si Juncker, par exemple, dit que les 1.600 fonctionnaires européens du Royaume-Uni peuvent continuer à travailler à Bruxelles, je ne suis pas d’accord. À partir de maintenant, pour moi, seuls comptent les intérêts belges et européens, et non pas ceux des Britanniques. Il n’y a pas de retour en arrière. Ils doivent comprendre qu’ils ont fait un choix dramatique pour l’avenir du Royaume-Uni et non pour celui de l’Union européenne."

Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois et la N-VA sont favorables à un Brexit plutôt doux, pour ne pas nuire aux exportations flamandes vers le Royaume-Uni. Ce qui n’est pas de l’avis de Charles Michel. "Je ne sais pas ce que la N-VA avance, mais nous devons évidemment penser à notre économie. Par conséquent, je vais mettre sur la table du gouvernement une proposition pour lancer une campagne sous le slogan ‘Bienvenue en Belgique’, pour attirer les entreprises britanniques qui se sentent menacées par le Brexit."

Le Premier ministre ne plaide ni pour plus ni pour moins d’Europe "mais pour une Europe meilleure". Charles Michel veut une Europe plus proche des besoins des citoyens, et dans cette Europe, la Belgique "doit faire partie du groupe de tête, mais nous n’allons évidemment pas acheter un chat dans un sac. Je l’ai déjà dit, l’UE n’est pas un Mistercash. Ceux qui ne veulent pas de la solidarité doivent bien sûr supporter les conséquences financières."