Nous ouvrons plus de 800 dossiers de fugues par an ”, introduit Miguel Torres Garcia, directeur opérationnel chez Child Focus. "Et si ces fugueurs avaient eu une personne de confiance à leurs côtés ? Quelqu’un à qui parler, prêt à l’écouter ? Pensez-vous qu’elle aurait choisi la fugue comme solution à ses problèmes ?"

Des problèmes qui, dans de nombreux cas, peuvent avoir une origine grave : violences intra ou extra-familiales, abus sexuels, sexting, harcèlement,…

En moyenne, la Fondation compte chaque jour 3 nouvelles disparitions d’enfants, dont 80 % sont des cas de fugues. En 2020, Child Focus a également traité 304 dossiers (46 % de plus qu’en 2019) d’exploitation sexuelle de mineurs (sexting problématique, grooming, sextortion). Child Focus constate que ces dossiers graves ont tous un point commun : “ L’enfant ou le jeune n’a personne à qui se confier. Ils sont confrontés à des problèmes, souvent relationnels, dans le monde réel ou sur les réseaux et ne parlent pas assez de leurs angoisses. Ils demandent rarement de l’aide. Ils restent seuls face à leur détresse, ce qui engendre souvent d’autres problèmes ou les amplifie ”, décrit Nadège Bastiaenen, Coordinatrice Prévention et Développement chez Child Focus

C’est pour cette raison que Child Focus lance le concept “Max”. Le souhait est que chaque enfant de 10 à 12 ans ait une personne de confiance, un Max. La Fondation veut pouvoir atteindre 125 000 enfants chaque année, grâce aux programmes pédagogiques qu’elle mène dans les écoles et à une communication soignée. Le programme est financé jusque 2025.

Grâce à ce projet de prévention ambitieux, Child Focus invite les enfants à réfléchir à la possibilité de choisir un adulte de confiance, un Max. “Les jeunes doivent avoir conscience qu’il y a certainement dans leur entourage une personne prête à les aider avant que les problèmes ne surgissent, ou lorsqu’ils sont déjà là. Ils doivent comprendre qu’il est normal de demander de l’aide si ça ne va pas. Il faut casser les tabous ”, poursuit Nadège Bastiaenen. “ Les jeunes doivent avoir totalement confiance en leur Max. Ils doivent pouvoir se tourner vers lui ou vers elle pour poser leurs questions, parler de leurs problèmes, ou simplement pour discuter. Une personne sans préjugé, avec qui ils se sentent bien. Quelqu’un qui sera toujours disponible. Max est une personne que les enfants choisissent eux-mêmes, et pas l’inverse. Il peut s’agir de plusieurs adultes différents : un frère, une cousine, le baby-sitter, une monitrice, un prof, un mai, un coach sportif, une voisine. Les enfant peut aussi choisir un des deux parents ou les deux.

Concrètement, tout se fait via la plateforme www.chacunsonmax.be. L’enfant-ado y introduit une demande destinée à son (ou ses) Max de choix. Automatiquement, la plateforme élaborera une vidéo “Max-Mix” avec les voix des animateurs David Antoine et Tatiana Silva (ex-Miss Belgique), ambassadeurs de l’opération. Le clip est alors directement envoyé au Max choisi, si son adresse mail a été encodée sur la plateforme. Sinon,  le lien est envoyé à l’enfant-ado qui enverra ensuite lui-même le clip.

Nous ciblons dans un premier temps la tranche d’âge de 10-12 ans. C’est un âge où l’enfant commence à conscientiser ce qu’il vit. C’est un âge charnière aussi. Mais il est clair que n’importe quel enfant plus jeune ou ado plus vieux pourra demander à avoir son Max ”, ajoute Nadège Bastiaenen.

Au cours des prochains mois, une campagne de communication plus large permettra de faire connaître Max auprès des jeunes, mais aussi auprès des adultes. Le principe de la personne de confiance sera ainsi intégré aux ateliers de prévention présentés par les volontaires de Child Focus dans les écoles et au matériel de prévention. Ceci est planifié à partir de la prochaine année scolaire.