Le MR a connu quelques jours de grande agitation la semaine dernière. Au coeur des tensions, le décret pour un "impôt plus juste" porté par le ministre wallon Jean-Luc Crucke, mais désavoué par le président des libéraux Georges-Louis Bouchez.

Si le décret controversé a finalement été voté en fin de semaine - sans véritable enthousiasme - et que la débâcle générale a été évitée, cette crise risque tout de même de laisser des traces au sein du parti.

Invitée sur La Première ce matin, la libérale Christine Defraigne est revenue sur ces dissensions. Et force est de constater qu'elle n'a pas eu sa langue dans sa poche. "Des crises, j’en ai tellement vu des crises dans ce parti… des crises d’urticaires, de prurit, des bombinettes, des moments difficiles avec des bris de vaisselle", a-t-elle fustigé.

"Il faut que les esprits se calment"

L'ancienne présidente du Sénat veut dès lors relativiser: "J'ai vu tellement de crises que j’ai pris un petit peu de recul, un peu de distance. Peut-être que je suis devenue bouddhiste", a-t-elle tempéré, avant d'appeler au calme. "A l’automne,il y a eu des moments d’exaltation au sein du parti avec des conséquences plus ou moins fortes. Il faut prendre du recul, de la distance et faire preuve de maturité. On est un parti de gouvernement, avec des responsabilités fortes et il faut que les esprits se calment".

"En politique, je pense que les relations humaines sont terriblement importantes et les soubresauts de l’année dernière ont peut-être laissé des traces, mais je m’en voudrais de jouer la concierge ou la politologue", a-t-elle encore insisté.

Concernant le fond du dossier, Christine Defraigne ne s'est pas montrée étonnée des tensions suscitées par le décret fiscal de Jean-Luc Crucke, jugé par certains comme "trop à gauche": "Dans un parti comme le MR, il y des gens plus au centre et d’autres plus à droite. Il est logique qu’il y ait des sensibilités différentes".