Dresser un bilan politique de l'année qui se termine est une tâche à la fois immense et simple.

Immense parce que les divers gouvernements ont beaucoup travaillé, s'attaquant à une série de problèmes longtemps négligés ou laissés en suspens comme, par exemple au seul niveau fédéral, la restauration de l'image de la Belgique sur le plan international, la réforme fiscale, celle de la justice et des polices, la politique d'asile et la régularisation des sans-papiers, la modernisation de l'administration et de notre outil militaire, la politique de mobilité, sans compter quelques imprévus comme le dossier de la vache folle. Simple, parce que toutes ces entreprises ont été marquées du sceau libéral, les socialistes et Ecolo faisant seulement l'appoint.

Quant à l'opposition, toujours déstabilisée par le scrutin de 1999, elle a continué à chercher ses marques et n'a pratiquement joué aucun rôle dans une vie politique qui, ainsi, a été essentiellement teintée de bleu.

Ce qui peut avoir désarçonné l'opinion, c'est que tout cela s'est fait à livre ouvert. La culture de débat mise en oeuvre par M. Verhofstadt a succédé aux tractations discrètes sinon secrètes de l'ère Dehaene. Il en est résulté quelques tensions publiques au sein de la majorité; mais chaque fois, après un débat et une négociation franche, des synthèses ou des solutions de compromis ont été trouvées. Il n'a jamais été question de rupture, même si du côté des Verts la pilule du pouvoir fut, à plusieurs reprises, pénible à avaler. Ce qu'on a perdu en confidentialité a été gagné en démocratie.

Autre caractéristique de l'an 2000 : les problèmes communautaires n'ont plus occupé le devant de la scène. Ils n'ont pas disparu pour autant; mais la majorité a pris le parti de ne plus les dramatiser et de ne plus les mettre en avant dès que se présente la moindre difficulté. On a ainsi vu les exécutifs régionaux et communautaires se rencontrer, se parler et chercher à collaborer dans certains domaines pratiques. C'est dans cette voie optimiste et constructive que s'engage 2001.