Réuni depuis 8 heures ce mercredi matin, le Conseil national de sécurité devait décider de la marche à suivre pour la suite du déconfinement en Belgique. Sur la table, figuraient plusieurs points importants qui devaient être abordés dans le cadre de la cinquième phase du déconfinement qui doit démarrer en août.

C’est la Première ministre, Sophie Wilmès (MR), qui a présenté les décisions prises entre les principaux ministres du gouvernement fédéral, les ministres-présidents des entités fédérées et les experts de la santé.

La Première ministre a tout d'abord voulu revenir sur les nouvelles règles concernant le port du masque. "D'une manière générale, on peut dire que les personnes réagissent bien à la nouvelle obligation du port du masque", a estimé Mme Wilmès. Elle a détaillé les raisons qui ont poussé le gouvernement à imposer le port du masque qui, auparavant, n'était que "vivement recommandé" dans les endroits publics. "Nos interactions se sont indéniablement démultipliées et notre attention a pu se relâcher", a expliqué la Première ministre. C'est ce qui a poussé le GEES (groupe d'experts chargés du déconfinement) à changer ses recommandations. S'en est suivie une adaptation des règles dans la soirée. "Elles pourraient encore évoluer en fonction de la situation", a averti la Première ministre.

La phase 5 pourrait être mise entre parenthèses si la situation ne change pas

"Depuis le début de ce mois-ci, nous constatons que le nombre de contaminations est à la hausse, a regretté Mme Wilmès. Le taux de reproduction est également au-dessus de 1, ce n'est pas bon. C'est pourquoi nous suivons de très près l'évolutions épidémiologique." La décision d'aller vers une nouvelle phase de déconfinement est toujours prise quelques jours avant le début de cette nouvelle étape. Ce n'est donc que la semaine prochaine que les autorités donneront leur feu vert ou non au début de la phase 5 du déconfinement. Pour le moment, il n'y a aucun changement. En ce qui concerne les contacts personnels, nous restons donc toujours sur la règle de 15 contacts par semaine.



Le secteur de la nuit devra attendre

"Nous continuerons cependant le travail ces prochains jours. C’est important pour les secteurs qui sont encore à l’arrêt et qui attendent des perspectives, a ajouté la Première ministre. Cela concerne, par exemple, la reprise des activités de la vie nocturne qui reste très sensible sur le plan sanitaire. En effet, ces activités sont considérées comme étant – ce qu’on appelle - des Superspeader Events, c’est-à-dire des événements "superinfecteurs" pour reprendre les termes épidémiologiques." La Première ministre a estimé que ce n'est qu'au moment où la situation sanitaire serait réellement stabilisée qu'une reprise de ce secteur pourrait être envisagée. 

Comment la Belgique se prépare à une seconde vague ?

Enfin, Sophie Wilmès est revenue sur la stratégie mise en place pour affronter une possible seconde vague. 'Notre politique de testing nous vaut déjà d’être dans le top 10 mondial (8e) des pays qui ont testé le plus par million d’habitants, a-t-elle détaillé. Notre volonté est de maintenir notre capacité de testing entre 30.000 et 45.000 tests journaliers pour septembre et l’élargir encore pour le mois d’octobre." La libérale a estimé que, d'ici fin août, la Belgique sera en possession de: 200 millions de masques chirurgicaux, 33 millions de masques de type FFP2 et de 5 millions de masques en tissu.

"Aujourd'hui nous disons : 'attention la tendance n'est pas bonne' et si elle se poursuit nous ne pourrons pas passer à la phase 5. Et si, à l'avenir, des mesures plus sévères s'imposent, nous les prendrons", a mis en garde la Première ministre. Toutes les mesures qui seront estimées appropriées pour faire face à un pic pourraient être prises. Sophie Wilmès n'a également pas écarté des reconfinements plus locaux. En ce qui concerne les contrôles, la Première ministre a rappelé que l'approche restait la même. "Nous voulons avoir de l'adhésion sociale. Nous voulons que la population comprenne que quand nous prenons des règles, c'est pour sa santé. Nous voulons que les gens d'eux-mêmes suivent les règles, a expliqué Sophie Wilmès. Mais si ce n'est pas respecté, il faut qu'il y ait des sanctions."