Le président du PS Elio Di Rupo a appelé ce mardi matin à revenir sur l'exclusion du chômage de dizaines de milliers de personnes, principalement des femmes et des jeunes, une "demande 100% libérale" qu'il assume mais regrette. 

"C'est une mauvaise mesure que je regrette, j'ai le coeur qui saigne quand je pense à ces femmes et ces jeunes qui vont être exclus", a-t-il expliqué. L'ancien Premier ministre estime que la mesure, visant à limiter à trois ans les allocations d'insertion, n'a pas atteint ses objectifs. "Nous étions convaincus que ça permettrait aux jeunes de trouver un emploi, il faut avoir le courage de reconnaître que c'est une erreur", a commenté M. Di Rupo.

En février 2014, alors Premier ministre, Elio Di Rupo était l'invité de La Libre Belgique pour une longue interview (voir ici). L'un des thèmes : la réforme du chômage. 

Extraits :

Suite à la réforme du chômage que vous avez menée, 50 000 personnes vont perdre leurs allocations d’insertion au 1er janvier 2015, selon la FGTB. Quelle est votre réaction en tant que socialiste ?

Pourquoi en tant que socialiste ?

Cela doit toucher le socialiste que vous êtes, non ?

Pour ceux qui ont travaillé par le passé, et contrairement à ce que demandaient certains partis politiques, il n’y a aucune limitation des allocations de chômage dans le temps. Les allocations d’insertion concernent des gens qui n’ont jamais ou pas assez cotisé à la sécurité sociale. C’est un cas unique au niveau international. On les supprime après trois ans, mais nous avons prévu une série d’exceptions qui permettent d’échapper à la limitation à trois ans (les handicapés à 33 %…).

Mais 50 000 personnes (ou 27 000 selon l’Onem) vont quand même être exclues. Et toutes ne seront pas dans les conditions pour bénéficier du revenu d’intégration au CPAS.

Quel que soit le nombre, il pourra être réduit, car la limitation dans le temps ne s’applique pas non plus aux personnes qui travaillent à temps partiel. L’avenir des jeunes n’est pas au chômage, mais à la formation et à l’emploi. Quant aux CPAS, ils ne doivent pas paniquer car les allocations du CPAS sont financées par l’Etat fédéral.

Partiellement.

Non. Le supplément dû à la limitation des allocations d’insertion est financé à 100 % par le fédéral.

Le PS arrive aujourd’hui avec une proposition d’emploi pour les jeunes après avoir exclu des milliers de jeunes du chômage. Ne faites-vous pas les choses à l’envers ?

Mais vous avez des propos injurieux ! Qu’est-ce que c’est que ça pour une histoire ! ? Pour le PS, vous voyez avec Paul Magnette (NdlR : qui était alors président du PS). Ici, c’est une décision de six formations politiques. Le PS a évité la suppression pure et simple des allocations d’insertion et a trouvé des exceptions telles que, si on fait un petit effort, même avec un travail très partiel d’un jour/semaine, on échappe totalement à cette mesure. Si on comprend comment vit la Belgique, avec une différence très nette de taux de chômage entre le nord, le centre et le sud du pays, on voit immédiatement que du côté néerlandophone, par exemple, il y a une volonté que quiconque reçoit une allocation (sauf du CPAS) fasse un effort pour accéder au travail. Cela s’inscrit dans cette philosophie