Ce mardi 4 mai, tous les indicateurs de l'épidémie de coronavirus sont à la baisse en Belgique.
Entre le 27 avril et le 3 mai, 192,3 personnes ont été admises à l'hôpital en moyenne par jour, soit un recul de 13% par rapport à la semaine précédente. Les nouvelles contaminations diminuent également de 16% par rapport à la semaine passée. Les décès, quant à eux, sont en très léger recul (-0,4%).

Que signifie réellement cette baisse des indicateurs-clés? Comment évoluera la situation sanitaire dans les prochains jours? Les experts ont fait le point au cours d'une conférence de presse.

"Il est agréable de vous dire qu'aujourd'hui, à nouveau, les nouvelles sont bonnes", a débuté Yves Van Laethem. "Les contaminations, les hospitalisations continuent de diminuer, et les premiers signes nous indiquent qu'il devrait en être de même dans le jours et les semaines qui viennent".

"La campagne de vaccination a atteint son rythme de croisière et va encore s'accélérer d'ici quelques semaines", a poursuivi l'expert. "L'attelage un peu fou, viral, qui nous a emmenés dans la troisième vague est maintenant maîtrisé, et c'est à nous de le garder sous contrôle de manière définitive", s'est félicité le porte-parole interfédéral.

Déplacements en baisse

Au niveau de la mobilité en Belgique, les déplacements sont à peu près similaires à ceux après les vacances de carnaval. Ils sont toutefois inférieurs d'environ 10% par rapport à la période pré-covid. "Ceci explique en partie d'ailleurs, avec la vaccination, l'évolution favorable actuelle des chiffres en Belgique", a précisé Yves Van Laethem. Les déplacements pour le travail sont inférieurs de 17% par rapport à la période pré-covid, mais ont augmenté par rapport au mois de janvier. Les déplacements pour se rendre dans les magasins ont logiquement augmenté depuis le 26 avril, date de réouverture des magasins sans prise de rendez-vous préalable.

Diminution des nouvelles contaminations et du taux de positivité

Au niveau des nouvelles contaminations, elles sont en baisse de 16% par rapport à la semaine passée. "Le pourcentage de tests positifs a lui aussi nettement diminué, puisque nous avions frôlé à nouveau les 10% de tests positifs et que nous sommes maintenant revenus à 7,3% de tests positifs", s'est réjoui l'expert. "C'est une diminution qui est maintenant pratiquement continue depuis 2 semaines", a-t-il encore précisé. 


Pour information, le Centre européen des maladies (ECDC) considère qu'un taux de positivité de 4% est "relativement sûr" et permet de placer un pays en code vert. "Nous n'y sommes pas encore, mais nous allons dans la bonne direction", a déclaré Yves Van Laethem, optimiste.

"La diminution des contaminations se manifeste dans tous les groupes d'âge, sauf chez les enfants, chez lesquels nous avons encore une augmentation de 22%", a encore précisé l'expert. "L'incidence chez les enfants est toujours cependant moins élevée que dans la population active". 

L'expert a ensuite détaillé que la plupart des nouvelles contaminations se manifestaient chez les adolescents, même si les chiffres connaissent une tendance à la baisse. Actuellement, la moitié des nouvelles contaminations se produit chez les moins de 35 ans.
"Avec la réouverture des écoles, le testing s'est accru dans les établissements, et a pratiquement doublé chez les enfants, comparé à un testing relativement stable chez les adultes", a encore précisé Yves Van Laethem. Le taux de positivité a tout de même diminué chez les enfants.

La diminution des contaminations se manifeste également dans toutes les régions et provinces du pays, avec des intensités variables. "La diminution est la plus prononcée en Région bruxelloise (-28%) et la moins prononcée en Flandre occidentale (-2%)", a détaillé le porte-parole interfédéral. Le taux d'infection est le plus élevé dans trois provinces wallonnes (Namur, Hainaut, Luxembourg), suivies de deux provinces flamandes.

Moins de 500 personnes aux soins intensifs pour la mi-juin?

La diminution des nouvelles hospitalisations se poursuit également, ce qui représente une bonne nouvelle aux yeux d'Yves Van Laethem: "Le poids sur le système de santé était très important depuis trop longtemps". 
 
 

La baisse des nouvelles admissions se produit dans toutes les régions et provinces du pays. Cette baisse permet au taux d'occupation dans les hôpitaux de baisser lui aussi. "Si tout continue ainsi, et on l'espère vraiment, nous pourrions passer sous la barre des 500 lits en soins intensifs, et ceci pour la mi-juin", a expliqué l'expert, avant de poursuivre: "Vous savez que c'est un point important, puisqu'il va permettre de nouveaux assouplissements". Mais la diminution des patients en soins intensifs dépend de beaucoup de choses, dont la campagne de vaccination et des précautions que nous prenons pour éviter d'être contaminé, rappelle l'expert. "Il est important de gérer les choses de manière adéquate, de manière à donner ce petit coup de pouce pour que ce chiffre soit bientôt atteint".

Enfin, au niveau des décès, nous sommes toujours dans une période stable, avec environ 39 décès par jour.

Vaccination: la Belgique 3e du classement européen

La porte-parole de la taskforce vaccination, Sabine Stordeur, a ensuite pris la parole. "Ce mardi, nous avons atteint un nouveau cap: celui des 4 millions de doses administrées", s'est réjouie Madame Stordeur. "Cela signifie qu'en moins d'un mois, nous sommes parvenus à injecter deux millions de doses, soit l'équivalent de ce que nous avions réalisé au cours du premier trimestre de cette année", a-t-elle précisé. 
  
"Il ne fat plus aucun doute que la campagne de vaccination bat désormais son plein. Selon le classement de l'ECDC, la Belgique figure désormais à la 3e place des pays européens qui ont proportionnellement administré le plus de premières doses", s'est félicité la porte-parole. 
 
 

Cependant, Sabine Stordeur reconnaît qu'il reste encore beaucoup de travail. "Notre priorité consiste à vacciner complètement (avec les deux doses) un maximum de citoyens résidant en Belgique", a expliqué l'experte. "Dès cette semaine, le nombre de ces vaccinations complètes devraient connaître lui aussi un coup de boost, d'une part grâce aux vaccinations avec le vaccin Johnson&Johnson, qui ne nécessite qu'une seule dose, et d'autre part, grâce à la vaccination avec AstraZeneca des personnes qui ont reçu une dose il y a trois mois".

Selon Sabine Stordeur, le rythme de la vaccination va continuer à être soutenu. "Nous devrions atteindre un niveau de 600.000 à 700.000 vaccinations par semaine au mois de mai. En juin, nous tablons sur 900.000, voire 1,2 million de doses administrées en moyenne chaque semaine", a promis la porte-parole.

Le cap des 70% de personnes vaccinées atteint au début de l'été?

Selon la porte-parole, le cap des 70% de personnes adultes vaccinées avec une dose pourrait être franchi entre la fin juin et la fin juillet: "Nous sommes donc bien en ligne avec le timing ambitionné au lancement de la campagne", s'est réjouie Sabine Stordeur, qui indique toutefois qu'il s'agit d'une prévision théorique conditionnée à plusieurs facteurs (livraison des doses, stabilité des règles d'administration et adhésion de la population). 
 
"Oui, nous pourrions atteindre notre objectif de vaccination dès le début de l'été. C'est un fait désormais à portée de main", a déclaré Sabine Stordeur, insistant sur l'importance de l'adhésion de la population pour atteindre cet objectif.
La porte-parole a enfin rappelé que la vaccination pour les femmes enceintes débutait ce mardi.

Plus de liberté pour les personnes vaccinées?

Concernant un éventuel assouplissement pour les personnes déjà vaccinées, Yves Van Laethem a précisé qu'un groupe d'études avait été constitué pour analyser l'impact de la vaccination sur les mesures elles-mêmes. Un rapport doit être soumis aux autorités dans les prochaines semaines. "Il reste encore des zones d'ombre sur l'impact de la vaccination sur la transmission du virus et le 'portage' du virus", a déclaré l'expert, qui privilégie dès lors la prudence. "Le taux de vaccination, ainsi que la circulation virale devront guider les décisions proposées dans les semaines qui viennent aux politiques par le comité d'experts", a conclu Yves Van Laethem.