Ce mardi, le Heysel accueille U2. La SNCB a affrété des trains nocturnes pour l’occasion. Le hic : aucune gare wallonne n’est desservie.

La SNCB favorise-t-elle le public néerlandophone ? À chaque grand concert organisé au stade Roi Baudouin, la question refait surface. Le show de U2, programmé ce mardi 1 er août, ne fait pas exception à la règle.

Pour éviter aux spectateurs (60.000) de relier la capitale en voiture - et donc éviter les interminables bouchons sur le ring - la SNCB propose aux fans de Bono de recourir à ses services grâce à une offre spéciale.

Laquelle ? Un aller-retour d’une gare de départ belge jusqu’à la gare de Bruxelles-Midi. L’aller se fait avec un train régulier au choix. Jusque-là, tout va bien. Le retour, avec un des cinq trains spéciaux de nuit. C’est là que ça se corse : aucun de ces trains nocturnes ne dessert la Wallonie.

Live Nation responsable

Du côté de la SNCB, l’absence de trains à destination de gares wallonnes est justifiée par la composition du public, majoritairement flamand. À qui la faute ? L’organisateur de l’événement. Dans ce cas-ci, Live Nation. "C’est l’organisateur de l’événement qui détermine l’offre ferroviaire", explique Thierry Ney, porte-parole de l’entreprise ferroviaire. "Ils analysent les tickets vendus sur base des codes postaux et nous contactent ensuite pour que nous adaptions notre offre. S’ils nous avaient demandé de rajouter des trains vers la Wallonie, on l’aurait fait." Live Nation paie la SNCB pour ce service. "75 % des acheteurs de tickets belges proviennent de Flandre, ce qui se reflète dans l'organisation des trains de nuit supllémentaires. À chaque train supplémentaire est liée l'obligation d'assurer une capacité suffisante de remplissage", confirme la société.

Billet train
© Printscreen

Des clients mécontents

Que ce soit la SNCB ou Live Nation le responsable, le résultat est le même : les Wallons sont bel et bien lésés. "J’étais vraiment content quand j’ai vu que des navettes de nuit étaient mises en place. Ce n’est pas facile de se garer près du stade. D’ailleurs, les organisateurs nous ont envoyé un mail pour nous en avertir", témoigne Fred, un Nivellois fan de U2. "J’ai vite déchanté en voyant que les vingt-quatre gares sont situées en Flandre ! Le concert est à Bruxelles et concerne tous les Belges. Je connais un tas de Wallons qui y vont !" Si la situation reste telle quelle, Fred optera, à regret, pour la voiture. Le concert touchant à sa fin vers 23 h (et encore, sans compter les rappels), il sera trop tard pour attraper le dernier train (dans ce cas-ci, 00 h 14).

Mauvaise habitude ?

Ce n’est pas la première fois que ce cas de figure se présente. Cette année déjà, en mai, les admirateurs (wallons) de Coldplay en avaient fait les frais. D’autres ? Oui. Ceux de… U2, en 2010. On est donc en droit de se poser la question : les Flamands sont-ils vraiment les seuls à se déplacer pour un concert ? Ou est-ce que nier les fans wallons est simplement devenu une (mauvaise) habitude ? Rappelons tout de même que tous les spectateurs, francophones et néerlandophones, ont déboursé entre 41 et 181 euros pour passer un bon moment.