Particulièrement discret depuis sa formation à la mi-septembre, le gouvernement wallon devrait sortir du bois à l'occasion du conclave budgétaire régional qui débute lundi pour se terminer au plus tard jeudi. 

Sur la table des discussions: un ajustement purement technique pour 2019 et surtout un budget initial 2020 qui devrait s'afficher en déficit de quelque 400 millions d'euros.

Tout l'enjeu de ce conclave, c'est de définir comment suivre les objectifs de trajectoire budgétaire qui ont été définis par les partenaires de la coalition arc-en-ciel, confie-t-on du côté du cabinet du ministre wallon du Budget, Jean-Luc Crucke (MR). Cette trajectoire prévoit un déficit de 400 millions en 2020; de 346 millions en 2021 et de 207 millions en 2022. L'année suivante, le déficit devrait à nouveau se creuser, à 274 millions d'euros - "une apparente dégradation qui découle en réalité du chevauchement de deux programmations européennes", précise-t-on au cabinet Crucke. 2024 devrait enfin marquer le retour à l'équilibre, initialement annoncé pour cette année par le gouvernement précédent avant d'être reporté à 2024 par la majorité actuelle. 

"Plusieurs scénarios sont sur la table, du plus simple au plus compliqué", explique-t-on encore au cabinet du ministre régional du Budget. 

Chaque ministre, selon ses compétences, a listé ses demandes. L'objectif des quatre jours de réunion sera de les chiffrer, y ajoute-t-on. 

Des demandes à chiffrer mais sans doute aussi des arbitrages à imposer, la majorité wallonne s'étant engagée à ne lever aucune nouvelle taxe durant la législature tout en promettant un plan d'investissements de 4 milliards d'euros sur cinq ans, le tout dans un contexte économique qui se détériore. Selon l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps), de forts vents contraires pourraient en effet balayer la Wallonie dans les prochains mois, avec une croissance du PIB régional limitée à 1,4% en 2019 et à 1,1% en 2020 tandis que les créations nettes d'emplois seraient limitées à 9.000 unités l'année prochaine (contre 16.000 en 2019). 

Début octobre, interrogé par les parlementaires wallons, Jean-Luc Crucke avait assuré que le conclave budgétaire tiendrait compte de l'évolution des paramètres macro-économiques et du cadre réglementaire issu de la Loi Spéciale de Financement. "Au niveau des recettes, cela aura notamment un impact sur les dotations des compétences transférées. 

Au niveau des dépenses, les adaptations seront limitées le plus possible aux dépenses dont la non-intégration dans le décret budgétaire porteraient atteinte à la continuité des services de l'Etat", avait-il détaillé. 

Le budget initial 2020 devrait être soumis au vote du parlement régional avant la fin de l'année.