Des présidents de parti qui font des coups d’éclat qui viennent bousculer l’agenda politique, c’est quelque chose qui s’est vu à plusieurs reprises depuis la formation de la Vivaldi. Coutumiers du fait, les présidents du MR et du PS, Georges-Louis Bouchez et Paul Magnette, ont mis quelques mémorables grains de sel dans des négociations fédérales. Sur ce plan, le président de Vooruit est nettement plus discret. Une attitude qu’il explique par la confiance totale qu’il accorde à ses ministres.

"Les gens en ont marre des politiques qui se disputent sans cesse à la télévision. Pendant la crise du corona, nous avons eu un ministre super fort. Il n’était pas nécessaire de tweeter en permanence et de compliquer la vie du gouvernement."

Ce ministre super fort, c’est bien évidemment Frank Vandenbroucke, le professeur sorti des radars pendant des années après le scandale des billets brûlés d’Agusta, professeur que Conner Rousseau est allé repêcher sur conseil de sa mère. Pour le leader socialiste, pas question d’envoyer le ministre de la Santé à la retraite, même si ce dernier a atteint l’âge pour. "Il n’y a personne de mieux placé que Frank pour remettre à flot notre système de santé après le corona et assurer le suivi de la crise."

Cette législature a investi presque 5 milliards d’euros supplémentaires dans les soins de santé afin de financer les remboursements, les augmentations de salaire du personnel soignant ou encore la santé mentale. Pour l’élu Vooruit, personne ne saurait mieux gérer ce budget que "Frank". "Nulle part dans le monde le salaire du personnel soignant n’a été autant augmenté qu’en Belgique sous Frank Vandenbroucke. Il a accompli un travail gigantesque pour améliorer nos hôpitaux, garantir l’accessibilité de nos soins, avec notamment la suppression des suppléments d’honoraire, ces millions d’euros que des spécialistes perçoivent chaque année aux frais de notre État Providence et notre Sécurité sociale…"

Conner Rousseau revient ensuite sur l’interventionnisme d’autres présidents de parti. "Il n’est pas nécessaire de tweeter en permanence et compliquer la vie du gouvernement. Je comprends que certains veulent se démarquer. Moi, je me concentre sur les réalisations. Le problème, c’est qu’il y a dans ce gouvernement certaines personnes dont l’ego est plus important que l’esprit d’équipe. Je lance un avertissement à tous : si ce gouvernement échoue, le sentiment d’anti-politique augmentera, de même que les extrêmes. Tous les tweets de Bouchez contre son propre gouvernement font le jeu du PTB et contribuent à sa croissance. De même que celle du Vlaamse Belang, indirectement."