Conner Rousseau a évoqué sur la VRT la possibilité d'empêcher momentanément certaines personnes d'avoir des enfants. Dans son viseur : les parents victimes d'une addiction. "Imaginez une maman accro à l'héroïne qui continue à donner naissance à des enfants alors que les précédents lui ont été enlevés par un juge; imaginez des enfants qui naissent parfois avec des problèmes liés à son addiction", a expliqué le président du SP.A.

Pour lui, il serait envisageable "d'intervenir" Non pas via la stérilisation forcée, mais par des sanctions.

Si le socialiste flamand a remis ce débat sur la table, c'est parce qu'il a été particulièrement touché par le destin de T., un enfant qu'il a rencontré par le passé et qui lui a "ouvert les yeux sur la pauvreté, l'inégalité des chances et la négligence coupable de certains parents", expliquent nos confrères de Sudinfo qui relayent cette histoire.

"Des propos honteux et excessifs"

Du côté des partis francophones, interrogés par Sudinfo, l'idée de Conner Rousseau est "excessive". Selon eux, il vaudrait mieux accompagner qu'empêcher momentanément les gens d'avoir des enfants.

La Ligues des familles a quant à elle appelé Conner Rousseau à "revenir sur ces propos honteux". "Le président du SP.A entend-il obliger ces femmes à avorter ou à leur faire avaler la pilule de force? Ces propos ne sont pas sérieux, et pourtant le sujet est grave : oui, ces parents et leurs enfants rencontrent des difficultés importantes, mais ils ont besoin d’un accompagnement adéquat. Conner Rousseau confond lutte contre la précarité et les addictions et lutte contre les familles précaires." Pour la Ligue des familles, des solutions existent, comme donner davantage de moyens financiers et humains aux services d'aide à la jeunesse, proposer un accompagnement durant la grossesse et faciliter l'accès à la contraception pour les femmes qui le souhaitent. Mais une des solutions n'est pas, selon eux, de supprimer les allocations familiales, comme le MR l'avait suggéré après avoir appris les propos du politique flamand. 

Pas la première fois que le SP.A sort du bois

Rappelons que ce n'est pas la première fois que le SP.A se positionne sur ce sujet. Il y a deux ans déjà, John Crombez, alors président du parti, s'épanchait sur le sujet dans l'hebdomadaire Humo et l'émission De Ochtend. "Certaines mères toxicomanes donnent naissance à trois enfants ou plus. En tant que société, on ne peut pas continuer à cautionner cela", déclarait-il avant de préciser son propos un peu plus tard. "Il ne faut pas dire aux gens : 'vous ne pouvez pas avoir d'enfant'. Ma proposition, c'est de dire, dans certaines situations : 'vous n'allez pas bien du tout. Nous proposons de la contraception jusqu'à ce que vous allez mieux'. Si une femme tombe enceinte, on ne dira jamais qu'elle ne pouvait pas. On veut travailler dans la prévention."